Mercredi 24 Mai 2017

La Zambie négocie un « plan Marshall » de 1,3 milliard de dollars auprès du FMI

La Zambie négocie un « plan Marshall » de 1,3 milliard de dollars auprès du FMI
(La Tribune 20/03/17)
Christine Lagarde, directrice général du FMI.

La Zambie négocie l'octroi d'un prêt sans intérêt de 1,3 milliard de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de son programme de redressement économique depuis mars 2016. Un prêt sans intérêt mais loin d’être suffisant. Les zambiens vont-ils devoir alors se serrer la ceinture comme en 2015 ?
Arrêté à 6,6 milliards de dollars, le budget de la Zambie pour l'année 2017 ne sera pas suffisant. Le pays a besoin d'avantage de billets verts cette année, plus d'un demi-milliard de dollars d'emprunt extérieur pour équilibrer le budget national, contribuant ainsi au bon fonctionnement de l'économie. Des pourparlers exploratoires s'étaient d'ailleurs ouverts en mars 2016 avec le FMI pour l'octroi d'un prêt sans intérêt de 1,3 milliard de dollars.

L'argent de ce prêt qui sera probablement conclu au mois de juin de l'année courate, servira à couvrir les dépenses sociales et la construction d'infrastructures, ce qui contribuera au redressement. Un redressement économique conçu par les autorités de Lusaka auquel le FMI imposerait ses conditions.

"L'environnement économique dans lequel le budget 2017 sera intégré est un défi. Au sein de notre économie, la croissance devrait rester morose. Sur le plan intérieur, les niveaux d'eau bas continueront de freiner la production d'électricité et donc de restreindre cette production. Ces réalités veulent donc dire que notre action doit être ferme afin de régler ces défis auxquels nous sommes confrontés", avait indiqué Felix Mutati, ministre zambien des finances, face aux députés lors du vote du budget de cette année.
Le soutien du FMI sera-t-il suffisant ?
En termes moins diplomatiques, les zambiens seront obligés de se serrer d'avantage la ceinture au cas où ce « Plan Marshall » en phase de négociation avec le FMI ne suffira pas. Déjà en 2015 face à un déficit de production énergétique, la compagnie d'électricité zambienne Zesco avait décidé d'augmenter ses tarifs. Le prix du kilowattheure était passé de 6 cents $ à 10,35 cents $ (soit une hausse de 70%). Ce qui n'a empêché la Zambie de se lancer au début de l'année 2017, pour une énième fois, sur le marché international à la recherche de 6 milliards de dollars Us pour la construction de la centrale hydroélectrique de Batoka Gorge. C'est un projet de joint-venture entre la Zambie et le Zimbabwe qui produira 2.400 mégawatts d'électricité.

Grand exportateur de cuivre et de cobalt, le pays d'Afrique australe doit encore emprunter de l'agent pour financer ses nombreux chantiers. Ces gisements sont de plus en plus inaccessibles et moins riches. Une découverte de pétrole a été annoncée récemment en Zambie mais ce n'est demain le premier jaillissement des premières gouttes de l'or noir.

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