Vendredi 15 Décembre 2017

Cameroun : Ahmed Abba entre le marteau jihadiste et l’enclume judiciaire

Cameroun : Ahmed Abba entre le marteau jihadiste et l’enclume judiciaire
(Jeune Afrique 21/04/17)

Au Cameroun, le procès du correspondant de RFI Ahmed Abba touche à sa fin. C’est finalement lundi qu’il sera fixé sur son sort. À qui profite ce triste feuilleton judiciaire ?

Il y a du Nigérien Moussa Kaka et du Burundais Hassan Ruvakuki en Ahmed Abba : un statut de correspondant d’une chaîne de radio internationale qui ne laisse personne indifférent, pas même ceux qui critiquent l’identité française de ladite radio ; une interpellation pour proximité présumée excessive avec un groupe d’individus qui empêche le pouvoir de dormir (en 2007 pour Kaka et en 2011 pour Ruvakuki) ; des réquisitions judiciaires démesurées, nourries de motifs d’inculpation titillant les cordes sensibles de l’autorité de l’État ou de la sûreté nationale ; une démarche journalistique déontologiquement limpide que des soupçons de corporatisme empêchent de défendre au mieux…

C’est le 30 juillet 2015 que Ahmed Abba est arrêté à Maroua. Le journaliste camerounais est le correspondant en langue haoussa de Radio France Internationale (RFI) dans le nord du Cameroun. Pour avoir enquêté sur l’organisation terroriste Boko Haram, il sera accusé de non-dénonciation d’actes de terrorisme, d’apologie et de blanchiment. Il est d’abord mis au secret. Il passera des locaux de la Direction générale de la recherche extérieure au parquet du tribunal militaire de Yaoundé. Il aurait été torturé et des organisations de défense des droits de l’Homme le disent défiguré.

Le 6 avril dernier, en vertu de la loi antiterroriste controversée de 2014, la peine de mort est requise par le procureur contre le journaliste. Les employeurs d’Ahmed Abba et des associations comme le Réseau des Défenseurs des Droits en Afrique Centrale s’insurgent et réclament sa libération sans conditions.

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