Mardi 24 Avril 2018

Tunisie: une pause dans les violences mais la grogne sociale ne faiblit pas

Tunisie: une pause dans les violences mais la grogne sociale ne faiblit pas
(RFI 13/01/18)

Une pause hier soir dans la grogne sociale qui perturbe la Tunisie. Depuis lundi, des manifestations contre la vie chère se déroulent dans de nombreuses villes tunisiennes. Un mouvement qui se transforme, une fois la nuit tombée, en affrontements avec les forces de l'ordre. La violence a baissé d’un cran ce jeudi mais le mécontentement est toujours bien présent.
Cette nuit a été plus calme que les trois précédentes. Quelques heurts ont tout de même eu lieu. A Siliana par exemple, dans le nord-ouest, et à Douz dans le sud dans pays, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé ce matin que 778 personnes avaient été arrêtées depuis le début des troubles.

Et les autorités semblent déterminées à faire taire les manifestants. Ainsi au sein de la campagne « Fech Nestannew » (« Qu'est-ce qu'on attend »), à l’origine du mouvement social, une dizaine de militants ont été arrêtés et sont toujours en détention.

Par ailleurs, trois cadres du Front populaire, un parti d’opposition de gauche, ont été arrêtés hier soir dans la région de Gafsa, dans le sud-ouest. Dans une déclaration mercredi, le Premier ministre Youssef Chahed n’avait pas hésité à accuser ce parti de soutenir les casseurs. Le gouvernement n’a pour l’heure montré aucun signe d’apaisement.

« Ces jeunes vivent dans des conditions difficiles »

A nos confrères de Monte Carlo Doualiya (MCD), Youssef Chahed a néanmoins confié faire la différence entre les manifestants pacifiques et les émeutiers et promet d'œuvrer à améliorer la situation : « Il faut qu'on fasse la différence entre les casseurs et les autres jeunes Tunisiens qui ont perdu ces dernières années. L'espoir naît avec la révolution. Ces jeunes vivent dans des conditions difficiles et n'ont plus confiance en la classe politique. Mais ils continuent à espérer en une Tunisie meilleure. Et même quand ils protestent, ils le font d'une manière pacifique. A ces jeunes gens, j'aimerais adresser un message : toutes les mesures prises par le gouvernement, même les plus difficiles n'ont pour but que d'améliorer la situation économique et sociale des citoyens. »

Lire sur: http://www.rfi.fr/afrique/20180112-tunisie-une-pause-violences-mais-grog...

Commentaires facebook