Mercredi 25 Avril 2018

Tunisie : sept ans après la révolution, les tortures policières restent taboues

Tunisie : sept ans après la révolution, les tortures policières restent taboues
(Jeune Afrique 29/03/18)

Véritable arme du gouvernement sous Ben Ali, la torture policière persiste en Tunisie. Une situation que les observateurs nationaux et internationaux expliquent par la persistance de l’impunité des forces de sécurité, qui pousse de plus en plus de victimes à garder le silence.

« L’impunité » des forces de sécurité est au centre des attentions en Tunisie. Alors que des ONG demandent depuis une semaine au gouvernement de mettre fin à « l’impunité qui prévaut en matière de violations des droits humains » commises par ces forces, certains Tunisiens prennent désormais conscience de toute la portée de cette impunité policière.

Si l’appel de ces ONG faisait suite aux événements du 26 février survenus au tribunal de Ben Arous – des policiers avaient pris d’assaut l’établissement pour demander la libération de leurs collègues suspectés d’avoir torturé un homme –, ce n’est pas la première confrontation de ce type en Tunisie, déplorent les ONG.

Des cas qui se multiplient

Le mal est en réalité beaucoup plus profond. Henda Chennaoui, activiste du mouvement « Fech Nestanew », rappelle qu’en 2014, lors du procès à Kasserine des deux frères du martyr Mohamed Omri, accusés d’avoir brûlé un poste de police lors des révoltes populaires entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011, des policiers étaient entrés dans la salle du tribunal, avaient insulté l’audience et menacé l’avocat de la défense. Camille Henry, coordinatrice de l’Organisation mondiale de lutte contre la torture (OMCT), dénonce quant à elle une « atteinte au principe d’indépendance de la justice ».

Depuis la révolution, les ONG ont ainsi cumulé des centaines de dossiers faisant état de tortures perpétrées par des membres des forces de sécurité. L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) dénombre 631 cas de torture entre 2013 et 2016. L’association Damj, elle, 180 cas à l’encontre des personnes appartenant à la communauté LGBT à elle seule. Dans les centres Sanad, un programme de soutien psychologique et juridique aux victimes, mis en place par l’OMCT, 224 victimes ont été accompagnées entre 2013 et aujourd’hui.

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