Vendredi 15 Décembre 2017

Tunisie : pour Radhia Nasraoui, la protection de son mari n’est « ni de l’aumône, ni un privilège »

Tunisie : pour Radhia Nasraoui, la protection de son mari n’est « ni de l’aumône, ni un privilège »
(Le Monde 23/08/17)

Depuis l’assassinat de deux leaders de gauche, Hamma Hammami vit sous protection policière, laquelle se relâche. Sa femme proteste par une grève de la faim, depuis 43 jours.

Par Mohamed Haddad (contributeur Le Monde Afrique, Tunis)

Radhia Nasraoui a entamé une grève de la faim le 11 juillet 2017 pour dénoncer le changement du système de protection de son mari Hamma Hammami, porte-parole du Front Populaire.
Certains de ses amis s’inquiètent et la décrivent comme « mourante ». Mais Radhia Nasraoui, 64 ans, en grève de la faim depuis 43 jours, est encore vive quand elle parle de son combat, malgré un corps frêle et un visage émacié. Depuis le 11 juillet, la militante des droits de l’homme et opposante historique à Ben Ali n’avale que de l’eau, des tisanes et du sucre.

Pourquoi une grève de faim ? Radhia dit ne pas avoir pensé à d’autres voies de contestation, même judiciaires, car « cela prendrait des années ». Si elle adopte une démarche aussi radicale, c’est qu’elle affirme craindre pour la vie de son époux, Hamma Hammami, porte-parole Front populaire. Cette coalition de gauche radicale a déjà perdu deux de ses cofondateurs abattus par des jihadistes : Chokri Belaid, le 6 février et Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013. A la suite de ces assassinats, Hamma Hammami, menacé, est sous la protection rapprochée de la Garde présidentielle.

« Les menaces ont-elle baissé? »

Mais depuis le 31 mai dernier, c’est le ministère de l’Intérieur qui assure cette mission. Une simple réaffectation de compétences entre les deux corps sécuritaires, selon Carthage. Contactée mardi, la porte-parole de la présidence était injoignable. Cependant, le couple dénonce une baisse substantielle et non justifiée du niveau de la sécurité. Pour Hammami, peu importe l’institution de tutelle, c’est « le système de protection qui pose problème ».

Lire sur: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/22/tunisie-pour-radhia-nas...

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