Samedi 27 Mai 2017

Tunisie : le Fonds monétaire international calme le jeu

Tunisie : le Fonds monétaire international calme le jeu
(Le Point 21/04/17)
Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

À l'issue de sa mission officielle, du 7 au 18 avril, la délégation du Fonds monétaire international (FMI) a signifié à ses interlocuteurs tunisiens qu'elle rendait un avis favorable quant au versement de la seconde tranche du prêt de 2,9 milliards de dollars contracté en mai 2016. Le conseil d'administration de l'institution de Bretton Woods devrait autoriser le décaissement, as usual, suivant toujours les recommandations de sa délégation. Le dossier Tunisie lui sera présenté en juin prochain. La seconde tranche représente 308 millions de billets verts. Le total des décaissements atteindrait alors 627,5 millions de dollars. Une goutte d'eau pour un pays dont les finances publiques s'enfoncent dans le rouge.

Mais le message est ici plus important que la somme. La première tranche a été versée en mai dernier. La seconde devait être versée au second semestre 2016, mais la Tunisie n'a présenté son dossier ni en novembre ni en décembre. « On a raté le coche », indiquait une source à la Banque centrale tunisienne (BCT). Une autre évoquait sévèrement « l'amateurisme du gouvernement » alors que l'accord sur cette fameuse tranche n'avait pas été obtenu aisément.

Dimanche soir, lors d'un entretien télé-radio, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, affichait son « optimisme ». En réalité, la troisième tranche aurait pu faire partie du paquet, mais la Tunisie n'a pas entamé les réformes qu'elle s'était engagée à accomplir. Le FMI envoie donc un message politique fort avec cet accord en demi-teinte. Et son communiqué publié dans la foulée « a permis de rassurer beaucoup d'intervenants », selon un des témoins des réunions FMI-autorités.

Un signal à l'égard de la BAD, de la BEI et consorts
L'accord du FMI permet à la Banque mondiale, la Banque européenne d'investissement (BEI) et aussi à la Banque africaine de développement (BAD) de pouvoir décaisser à leur tour les prêts et aides prévus. Ces institutions sont parfois suspendues à l'accord du FMI. C'est a priori chose faite. Mais les 308 millions (700 millions de dinars environ) relèvent plus du symbole politique que du sauvetage économique. 2017 a toujours été considérée comme une année cruciale. Le service de la dette atteint des sommets (intérêts et échéances à rembourser) tandis que la balance commerciale accentue son déficit. Aux yeux du FMI, deux points noirs : la masse salariale de la fonction publique et la balance des paiements.

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