Mercredi 25 Avril 2018

Tunisie : coup de frein à l'Instance Vérité et Dignité

Tunisie : coup de frein à l'Instance Vérité et Dignité
(La Tribune 28/03/18)
L’Instance Vérité et Dignité (IVD)

Les débats longs et houleux se sont en réalité nourris des inimitiés politiques et des sensibilités personnelles. La catharsis nationale des douleurs pendant les années noires risque d’être stoppée nette par ce vote des parlementaires qui met un terme au mandat de quatre ans de l’Instance Vérité et Dignité (IVD). Au-delà, c’est tout le processus de justice transitionnelle qui prend un sérieux coup de frein.

Symbole de l'ambiance électrique de ces débats de deux jours entamés samedi 24 mars, les députés d'Ennahda (islamo-conservateurs) et du Courant démocratique ont préféré claquer la porte de l'Hémicycle que de participer au vote. Une politique de la «chaise vide» qui a conduit à un verdict qui ne souffre d'aucune équivoque.
«Passage en force» !

Avec deux abstentions, les parlementaires ont voté ce lundi tard dans la soirée, à 65 voix contre et zéro voix pour, la question du prolongement du mandat de l'Instance Vérité et Dignité (IVD), soumise à leur approbation, comme rappelé la matinée du vote par le Tribunal administratif.

En fonction depuis 2014 et destinée à identifier, faire témoigner et indemniser les victimes des années noires des régimes Bourguiba et Ben Ali, l'IVD avait un mandat qui devait expirer en 2018. Mais le Conseil de cette instance présidée par Sihem Ben Sedrine avait décidé de le prolonger d'un an pour se donner le temps de finaliser ses travaux et rendre un bilan. Affront ultime pour certains députés, sans recueillir l'aval de l'Assemblée nationale !

Face à la contestation, Mohamed Ennaceur, président de l'Assemblée, a décidé de mettre la question aux voix. La séance qui s'est ouverte ce samedi en présence de la présidente de l'IVD, venue convaincre les derniers réticents avant de quitter la salle, s'est soldée en foire d'empoignes. Dans une ambiance acrimonieuse marquée par des invectives, certains députés en sont même venus aux mains. Les débats houleux se sont prolongés jusqu'à ce lundi 26 mars au soir avant de donner un vote contesté pour absence de quorum (au moins 73 députés). Un «passage en force», dénonce Sihem Ben Sedrine après le vote !

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