Lundi 19 Février 2018

L’UE inscrit la Tunisie sur sa « liste noire » des pays exposés au financement du terrorisme

L’UE inscrit la Tunisie sur sa « liste noire » des pays exposés au financement du terrorisme
(Le Monde 09/02/18)

C’est un camouflet diplomatique pour la Tunisie. Le Parlement européen a validé, mercredi 7 février, la présence de la Tunisie sur la « liste noire » des pays « susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme ». Le ministère tunisien des affaires étrangères a aussitôt déploré une « décision injuste, hâtive et unilatérale ».
Cette mise à l’index survient deux mois après l’inclusion de la Tunisie dans une autre liste noire, celle des paradis fiscaux, établie par les ministres européens des finances. Le dommage infligé à l’image de la Tunisie avait toutefois été ensuite réparé. Le 23 janvier, l’UE retirait le petit pays d’Afrique du Nord de cette liste de mauvais élèves en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Entre-temps, la machine diplomatique tunisienne, initialement peu réactive, s’était remobilisée en s’engageant à entreprendre les réformes fiscales requises, notamment dans le secteur des entreprises exportatrices offshore.

Le coup à peine encaissé, le vote du Parlement de Strasbourg adresse une nouvelle semonce à la Tunisie, cette fois sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une motion déposée par des députés visant à retirer la Tunisie, le Sri Lanka et Trinité-et-Tobago de la liste noire établie par la Commission n’a pas recueilli la majorité requise des 376 voix. Les débats, très intenses, se sont surtout focalisés sur la Tunisie, unique rescapée de la vague des révolutions arabes de 2011. Les défenseurs de la motion n’auront manqué que de 19 voix pour la faire adopter.

« Beaucoup d’élus ont été sensibles, y compris chez les conservateurs et les sociaux-démocrates, à l’argument selon lequel il ne faut pas enfoncer une démocratie fragile, rapporte une source interne au Parlement. Mais il s’agit quand même des risques de financement du terrorisme. Seuls les arguments techniques devraient prévaloir. » De fait, c’est l’approche experte et non politique qui s’est imposée au Parlement européen à travers le rejet de cette motion « pro-Tunisie ».

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