Samedi 16 Décembre 2017

L'œil du FMI sur le Maghreb

L'œil du FMI sur le Maghreb
(Le Point 18/10/17)
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde

Satisfecit pour le Maroc, inquiétudes pour l'Algérie, demandes réitérées de réformes pour la Tunisie : trois pays, trois réalités selon l'institution de Bretton Woods.. Le 14 octobre, durant trente-trois minutes, Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale, a tenu son point de presse. L'occasion de balayer la situation économique en Afrique du Nord. Et de distribuer en langage Bretton Woods – courtois mais précis dans ses messages subliminaux – les enjeux des trois pays-clés que sont le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. On assiste à l'inversion des puissances. Les exportateurs de pétrole sont désormais affaiblis, alors que les importateurs sont dans une situation plus aisée pour réformer leurs économies. L'ancien et le nouveau monde version Maghreb-Moyen-Orient.

« Les réformes réelles » entreprises par le Maroc

Christine Lagarde avait préalablement adressé des paroles douces aux oreilles des dirigeants marocains. Elle saluait « les réformes réelles, aussi bien sur le plan budgétaire que structurel ». Le FMI a relevé le taux de croissance 2017 de quelques points, le passant de 4,4 à 4,7 %. La dette publique a néanmoins fait un bond de 22 % de 2010 à 2016. Le roi Mohammed VI, dans ses discours successifs, insiste sur les difficultés sociales et les manquements de l'administration (sévèrement tancée lors de la Fête du trône).
L'Algérie minée par la chute du prix du pétrole

Il fut un temps où Alger, fort de son pétrole brut, de son gaz & co, était en position de force. Sa manne en richesses premières permettait de financer la politique publique, d'acheter la paix sociale. Patatras, le prix du baril s'est effondré. Et l'Algérie, pays exportateur, se retrouve dans une situation économique plus que préoccupante. Le FMI prévoit un taux de croissance de 0,6 % en 2018. Une perspective trop faible pour permettre à un État – miné par une situation politique abrasive – de se réformer. La Loi de finances 2018 fait d'ailleurs l'impasse sur les réformes structurelles, les renvoyant aux calendes grecques.
« La Tunisie doit entreprendre des réformes structurées »

Objectif ? Stabilité ! Et, pour que la jeune démocratie poursuive sa consolidation, il lui faut engranger des avancées économiques. Une mission de quarante-huit heures menée en octobre par le FMI, sous la houlette de Björn Rother, s'est achevée sur un communiqué dénué des habituelles félicitations sur la « résilience » de l'économie tunisienne. Et de marteler le besoin de réformes « à même d'améliorer ses capacités et de contribuer à la création d'emplois ». Deux dossiers épineux : la dette publique qui s'achemine vers les 70 % du PIB (contre 40 % en 2010) et le poids de la masse salariale de la fonction publique (plus de 650 000 fonctionnaires pour un pays de 11 millions d'habitants), masse salariale qui pèse pour 40 % des dépenses du budget de l'État. Et une inquiétude : le décrochage de la classe moyenne. Le FMI prévoit un taux de croissance de 3 % pour 2017, chiffre en ligne avec la prévision du gouvernement Youssef Chahed. La loi de finances qui entre en débat à l'Assemblée des représentants du peuple doit s'y attaquer.

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