Lundi 20 Novembre 2017

La Tunisie se veut la meilleure option pour les investisseurs étrangers, selon son chef du gouvernement

La Tunisie se veut la meilleure option pour les investisseurs étrangers, selon son chef du gouvernement
(Xinhua 11/11/17)
Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed.

"La Tunisie restera une destination économique attrayante avec des capacités de compétitivité élevées", a souligné le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed en donnant le coup d'envoi officiel du "Tunisie Investissement Forum 2017" (TIF 2017) tenu ce jeudi à Tunis.

Pas moins de 1.500 investisseurs, entrepreneurs et porteurs de projets participent au TIF 2017 afin de se pencher - en dehors des accords et intentions d'investissement qui seraient conclus - sur des thématiques comme la place de la Tunisie dans la chaîne de valeur mondiale, l'intégration de l'économie tunisienne dans son espace régional, l'industrie 4.0 comme pilier de croissance outre l'économie numérique et l'agriculture, deux moteurs de compétitivité de la Tunisie.

Malgré les difficultés que connaît l'économie tunisienne notamment au niveau de la finance publique et du budget de l'Etat, "nous pourrons espérer voir la majorité de nos indicateurs dans le vert d'ici fin de l'année prochaine" , a assuré le chef du gouvernement tunisien.

La Tunisie passe par une étape charnière

"Le gouvernement d'union nationale a essayé dès le premier jour au pouvoir de diagnostiquer l'état des lieux sur tous les plan avant d'être honnête et transparent face au peuple", a souligné le chef du gouvernement tunisien dans une brève déclaration à Xinhua.

Outre le rétablissement progressif de la situation sécuritaire à travers le pays, a-t-il ajouté, la Tunisie se veut encore "l'une des destinations économiques les plus séduisantes de la région... le trait d'union entre Europe, Afrique et Maghreb", a souligné M. Chahed.

Selon lui, la Tunisie a pu doubler sa croissance en une année passant de 1% en 2016 à presque 2,3% jusqu'à présent et les estimations de 2018 tablent sur 3% de croissance.

Il a évoqué les investissements étrangers haussiers de 7% durant les dix premiers mois de cette année. La production du phosphate, a-t-il poursuivi, a progressé de 35% et ses exportations de 18,1% jusqu'à fin octobre dernier. Quant au tourisme, la croissance est de 23% au titre de nombre de visiteurs et de 18% au titre de recettes en dinars et 5% en devises.

"En date du 5 septembre écoulé, on a exposé aux différents partis politiques les grandes lignes des réformes majeures escomptées par le gouvernement avec quatre objectifs phares à l'horizon de 2020, à savoir stabiliser le déficit budgétaire à 3%, l'endettement ne dépassant pas la barre de 70%, une masse salariale au-dessous de 12,5% et une croissance de 5%", a insisté le chef du gouvernement tunisien.

Il a par ailleurs formulé l'espoir de voir l'économie tunisienne parmi les 30 premières mondiales au titre de croissances les plus compétitives, sachant que la Tunisie se classe actuellement à la 88e mondiale.

Cela s'inscrit dans le cadre d'une feuille de route qui respectera quatre volets : les entreprises, l'exportation, les régions ainsi que les nouvelles technologies, a conclu M. Chahed ayant révélé l'intention de lancer des investissements sur trois années pour une enveloppe de 5.200 millions de dinars.

L'investisseur étranger a intérêt à opter pour les vecteurs de la croissance

Selon le ministre tunisien de l'Investissement et de la Coopération internationale Zied Laadhari, un certain nombre de filières économiques sont à haut potentiel essentiellement "les industries manufacturières, les composantes automobiles, l'aéronautique, les industries pharmaceutiques, l'agro-industrie, les industries mécaniques et électriques ainsi que le textile-habillement".

"Nous parions sur d'autres vecteurs dont le tourisme, l'énergie renouvelable, les technologies de l'information et de la communication," a-t-il déclaré à Xinhua, ajoutant que la Tunisie offre "un potentiel important pour les investisseurs étrangers surtout dans le secteur privé" .

M. Laadhari a indiqué des insuffisances en méga-projets d'infrastructures, ce qui pourrait séduire des géants mondiaux dans ce secteur principalement les sociétés chinoises.

À noter que la Tunisie accueille jusqu'à présent quelques 3.400 entreprises étrangères qui favorisent pas moins de 400.000 postes d'emplois.

"Force sera de renforcer la dé-bureaucratisation, libérer des actions économiques qui appuient le potentiel du pays sans oublier les régions défavorisées qui attendent de plus

d'efforts pour leur garantir un accès fluide à un développement équitable," a précisé le ministre tunisien de l'Investissement et de la Coopération internationale.

Pour sa part, le conseiller auprès du chef du gouvernement tunisien Ridha Saïdi pense que son pays "donne l'importance à l'investissement public-privé pour ainsi stimuler les moteurs de la croissance" .

Parmi les projets envisagés par le gouvernement tunisien dans les 5 prochaines années figurent une autoroute qui reliera le nord au centre-ouest de la Tunisie, des routes express inter-provinciales, la modernisation et la réhabilitation du réseau du transport ferroviaire, a précisé le conseiller M. Saïde.

"Nous sommes en concertation avec des entreprises et institutions chinoises pour financer et participer à des méga-projets en Tunisie", a-t-il poursuivi.

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