Mercredi 25 Avril 2018

En Tunisie, hypothèque sur la justice transitionnelle

En Tunisie, hypothèque sur la justice transitionnelle
(Le Monde 28/03/18)

Le conflit couvait depuis des mois. Il a éclaté au grand jour, lundi 26 mars, au cœur du palais du Bardo à Tunis sous la forme d’un vote négatif émis par la majorité de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) contre l’institution emblématique de la justice transitionnelle en Tunisie, l’Instance vérité et dignité (IVD).

Lors d’une séance houleuse, notamment boycottée par les élus d’Ennahda (islamiste), les députés tunisiens ont refusé la prolongation d’une année supplémentaire du mandat de quatre ans de l’IVD censé s’achever en mai. Le conseil exécutif de cette instance, présidé par Sihem Ben Sedrine, ancienne opposante au régime de Ben Ali renversé par la révolution de 2011, avait décidé de s’accorder ce délai afin d’achever ses travaux. Le vote de l’ARP, où se sont affrontés partisans et adversaires du bilan de Mme Sedrine, fragilise le processus de justice transitionnelle en Tunisie. « C’est un coup d’Etat visant à mettre un terme à la justice transitionnelle », dénonce Amna Guellali, directrice du bureau de Tunisie de Human Rights Watch (HRW).

Acquis de la transition démocratique, l’IVD avait pour but de solder les comptes de la dictature, à l’instar des commissions mises en place dans d’autres pays s’arrachant à la nuit autoritaire, telle la commission de réconciliation en Afrique du sud. Sa mission était de « révéler la vérité » sur les violations des droits humains et des malversations financières commises sur la période 1955-2013, d’exiger de leurs auteurs qu’ils « rendent des comptes », de « dédommager » les victimes afin d’aboutir à la « réconciliation nationale », d’« archiver la mémoire collective » et d’instaurer des garanties afin de s’assurer que ces violations « ne se reproduisent pas ».

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