Mardi 22 Août 2017

Ala Eddine Hamdi, gardien au musée du Bardo : « J’ai été l’un des premiers à voir le bain de sang »

Ala Eddine Hamdi, gardien au musée du Bardo : « J’ai été l’un des premiers à voir le bain de sang »
(Jeune Afrique 20/03/17)

Le 18 mars 2015, la vie de Ala Eddine Hamdi bascule. Aux premières loges de l’attaque du musée du Bardo à Tunis par deux terroristes, il sauve des vies. Deux ans après, il revient avec Jeune Afrique sur cette journée sanglante.

Ala Eddine Hamdi a suivi les traces de son père, retraité de l’Institut national du patrimoine. À 24 ans, ce polyglotte est gardien de salle au musée du Bardo. Il travaillait le jour de l’attaque, il y a deux ans de cela. S’il est toujours employé au musée, il garde encore des séquelles psychologiques du 18 mars 2015.

Jeune Afrique : Deux ans après, que représente pour vous le 18 mars ?

Ala Eddine Hamdi : J’ai tout en mémoire comme si c’était hier. À l’évocation de l’attentat, je suis encore tétanisé et je fais des cauchemars récurrents, notamment quand revient le mois de mars. J’ai été l’un des premiers à voir le bain de sang dans la salle Carthage et l’un des premiers à être en contact avec la brigade antiterroriste (BAT). Sur le coup, j’agissais mécaniquement, la peur est venue après.

Qu’avez-vous vécu ce jour là ?

C’était un mercredi comme les autres, où les touristes étaient nombreux. Quand les tirs ont commencé, j’étais dans les escaliers pour aller déjeuner. J’ai très vite compris. À l’extérieur, des personnes étaient déjà à terre. Passé le premier choc, j’ai rebroussé chemin, par des couloirs que seul le personnel connait. J’ai alors croisé une famille de Tunisiens qui cherchait un refuge, puis un groupe d’une trentaine de français qui effectuaient une visite guidée. Ils ignoraient tout de ce qui se passait à l’extérieur et ils ont été pris de panique.

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