Mardi 25 Juillet 2017

Transports : malgré des vents contraires, Turkish Airlines maintient le cap sur l’Afrique

Transports : malgré des vents contraires, Turkish Airlines maintient le cap sur l’Afrique
(Jeune Afrique 16/02/17)

Alors qu’elle traverse de graves turbulences, dans un contexte turc particulièrement difficile, la compagnie s’efforce de poursuivre son expansion africaine avec l’ouverture d’une 51e destination.

Istanbul-Conakry aller-retour deux fois par semaine, à partir de 699 dollars (651 euros). Maintes fois annoncée puis reportée depuis 2014, l’ouverture de cette ligne, 51e destination africaine de Turkish Airlines, est effective depuis le 30 janvier.

La compagnie, remarquée ces dernières années pour sa croissance ultrarapide (+19,8 % de sièges par an entre 2012 et 2016), semble poursuivre son expansion africaine alors même qu’elle traverse de graves turbulences dues à un contexte turc particulièrement difficile : des attentats en série (près de 350 morts et de 1 millier de blessés depuis janvier 2016), dont celui qui a ensanglanté l’aéroport d’Istanbul, le 28 juin, une tentative de coup d’État en juillet, ou encore des tensions diplomatiques et géopolitiques croissantes qui auront fait fuir les touristes russes et européens.

Affecté par la crise

Conséquence de ce climat pesant, d’après les propres chiffres de la compagnie, dont l’état-major a récemment été entièrement renouvelé, le taux d’occupation global des sièges a reculé sur un an de 3,1 points, à 74,6 %. « Bien en deçà des 80 % de remplissage à partir desquels une compagnie trouve en général son équilibre », commente Julien Lebel, chercheur à l’Institut français de géopolitique, spécialiste des stratégies des compagnies aériennes. Résultat, Turkish Airlines, détenue à 49 % par l’État, n’aura transporté que 62,8 millions de passagers à travers le monde en 2016, loin de son objectif initial de 72 millions. Surtout, elle aura accumulé des pertes financières colossales : 644 millions de dollars rien qu’au premier semestre de 2016.

Sa stratégie : un développement par escales, moins chères à exploiter. »

De quoi peser lourd sur les ambitions de la compagnie à l’international. Pour la période qui s’étend de décembre à mars, elle a ainsi suspendu dix-sept routes. Et c’est grâce à son modèle d’expansion qui permet de faire pression sur les coûts que la compagnie a réussi à juguler en Afrique (elle n’y a fermé que trois liaisons : Batna et Tlemcen, en Algérie, et Kano, au Nigeria) la crise qu’elle connaît par ailleurs.

Nouvelles lignes

Cette stratégie s’est caractérisée jusque-là par un développement par escales, moins chères à exploiter. « Turkish Airlines teste d’abord des nouvelles routes puis ouvre de nouveaux points en continuation de ces routes, créant ainsi des routes triangulaires, à l’instar de Conakry, en continuation de Ouagadougou. Avant de monter en puissance, elle commence par deux ou trois vols hebdomadaires.

Peu de destinations africaines sont desservies par des vols quotidiens. Sauf pour Alger, Casablanca, Lagos, Le Cap ou encore Johannesburg, où elle fait voler des gros-porteurs, Turkish Airlines n’utilise que des avions monocouloirs, plus petits (150-200 places) et plus facilement rentabilisables », détaille Julien Lebel, qui note que les fréquences et les capacités sur les lignes déjà ouvertes n’ont pas progressé par rapport à la fin de 2015 et au début de 2016.

C’est grâce à de nouvelles lignes que le nombre de passagers africains a augmenté de 300 000 (pour atteindre environ 2 817 000) par rapport à 2015. Entre septembre 2015 et septembre 2016, la compagnie tirait 9 % de ses revenus de ses activités sur le continent. Cette proportion était de 7 % en 2013.

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