Sénégal : comment l’affaire Khalifa Sall galvanise l’opposition à l’approche des législatives | Africatime
Dimanche 23 Avril 2017

Sénégal : comment l’affaire Khalifa Sall galvanise l’opposition à l’approche des législatives

Sénégal : comment l’affaire Khalifa Sall galvanise l’opposition à l’approche des législatives
(Jeune Afrique 17/03/17)
Le maire de Dakar, Khalifa Sall

Poursuivi pour détournement de deniers publics, le maire de Dakar, Khalifa Sall, a été écroué à la prison de Rebeuss. Mais l’édile dénonce une cabale politique et reçoit le soutien de nombreux ténors de l’opposition.

«Jusqu’à aujourd’hui, je retenais les gens. Désormais, je libère tout le monde. C’est un combat politique. Nous allons donc nous battre politiquement, parce qu’il n’y a que cela qui vaille. » Lundi 6 mars, en début de soirée, sur le perron du bâtiment colonial qui abrite l’Hôtel de Ville de Dakar, c’est en chef de guerre que Khalifa Sall s’adresse pour la dernière fois à ses partisans. Parlant du camp présidentiel, il avertit : « Il faut qu’ils comprennent que tous les coups donnés seront rendus. »

Convoqué le même jour à 15 heures par le doyen des juges d’instruction, le maire a obtenu, via ses avocats, un sursis de vingt-quatre heures afin que ces derniers puissent prendre connaissance du dossier. Mis en cause à la suite de la transmission à la justice d’un rapport accusateur de l’Inspection générale d’État (IGE) portant sur la gestion de plusieurs municipalités, dont la sienne, le frondeur socialiste, considéré comme un possible challenger de Macky Sall à la présidentielle de 2019, devine le scénario qui se profile.

2.7 millions d’euros détournés

Trois jours plus tôt, lors d’une conférence de presse, Serigne Bassirou Guèye, le procureur de Dakar, a en effet dévoilé la teneur des accusations portées contre le premier magistrat de la capitale. Selon lui, entre 2011 et 2015, Khalifa Sall et son équipe ont détourné des caisses de la mairie, sur la base de factures de complaisance, des sommes s’élevant au total à 1,8 milliard de F CFA (2,7 millions d’euros). « On a traité la justice et le procureur de tous les noms d’oiseaux, on a fait beaucoup d’amalgames. […] Certains ont voulu déplacer le problème, mais il n’y a rien de politique », martèle le chef du parquet.

« Après cette conférence de presse, nous savions que leur objectif était de le placer en détention », confie une proche collaboratrice de Khalifa Sall. Le 7 mars, avant de se rendre à la convocation du juge, le maire de Dakar livre donc à ses collaborateurs ses dernières recommandations. « Il a demandé à ce que la mairie continue de fonctionner comme si de rien n’était, avec l’appui de son cabinet, au cas où il ne ressortirait pas libre », confie l’un d’eux.

Des consignes prémonitoires. Dans la soirée, après une longue attente due à l’audition préalable de sept collaborateurs liés à la gestion de la « caisse » litigieuse, Khalifa Sall, assisté d’une dizaine d’avocats, est inculpé et placé sous mandat de dépôt, conformément aux réquisitions du parquet. Il est aussitôt écroué à la prison de Rebeuss, toute proche.

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