Mardi 25 Juillet 2017

RDC – Ève Bazaiba : « Le Conseil national de suivi n’est pas une voie de garage »

RDC – Ève Bazaiba : « Le Conseil national de suivi n’est pas une voie de garage »
(Jeune Afrique 11/01/17)
Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC

À la tête du Front pour le respect de la Constitution et secrétaire générale du MLC, Ève Bazaiba n'a toujours pas apposé sa signature sur l'accord politique global et inclusif conclu le 31 décembre 2016 à Kinshasa. La dame de fer explique les raisons de sa réticence à Jeune Afrique.

Ève Bazaiba, 51 ans, fait de la résistance : pas question que le Mouvement pour la libération du Congo (MLC, parti de Jean-Pierre Bemba) et le Front pour le respect de la Constitution, qu’elle dirige, ne signent le compromis politique de la Saint-Sylvestre tant que ne sera pas assurée sa mise en oeuvre effective. En tout cas, c’est la position qu’elle défend depuis qu’elle a claqué la porte des négociations à la veille de la signature de l’accord.

Et pour l’instant, selon elle, tel n’est pas le cas. Celle qu’on présente comme la « dame de fer » de la scène politique congolaise déplore que le compromis politique trouvé le 31 décembre soit considéré comme un « accord bilatéral » entre le président Joseph Kabila et son meilleur ennemi Étienne Tshisekedi, l’opposant historique.

Ève Bazaiba s’insurge notamment contre l’attribution du poste du président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) et de celui de Premier ministre au Rassemblement, principal regroupement de l’opposition congolaise. « Dans ces conditions, l’accord risque d’être fragile », explique celle qui voudrait diriger le CNSA, ou du moins y jouer un « rôle important ». Car « ce n’est pas une affaire de quota, mais de considération », poursuit-elle, soupçonnant la médiation conduite par les évêques catholiques d’avoir « privilégié les deux poids lourds : la Majorité présidentielle (MP) et le Rassemblement ».

Jeune Afrique : Considérez-vous toujours, comme la MP, que l’accord politique conclu le 31 décembre 2016 souffre d’un sérieux problème d’inclusivité ?

Ève Bazaiba : Oui, à la fin des travaux, l’accord n’a plus été inclusif. Mais lorsque nous discutions, le dialogue était bien inclusif. Autrement dit, toutes les parties prenantes ont participé à l’élaboration de ce compromis politique, mais c’est à son atterrissage que le bât blesse.

Concrètement, quelles sont aujourd’hui les principales raisons qui ont poussé le Front pour le respect de la Constitution à ne pas signer l’accord ?

Nous voudrions avant tout avoir des garanties de mise en oeuvre de toutes les échéances et convenances de ce compromis politique. C’est pourquoi nous continuons à demander que l’animation de l’institution chargée du contrôle (Conseil national de suivi de l’accord, ndlr) soit confiée à une personne qui ne soit pas directement impliquée dans la gestion de la chose publique.

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