Jeudi 21 Septembre 2017

Plus de trente migrants somaliens tués au large du Yémen

Plus de trente migrants somaliens tués au large du Yémen
(Le Monde 18/03/17)
Les réfugiés ont été frappés par des armes légères dans les eaux d’Hodeida, mais le bateau a réussi à rejoindre le port de la ville. Crédits : STR / AFP

Selon les rebelles houthistes, l’embarcation aurait été visée par la coalition saoudienne en guerre au Yémen. Au moins trente-trois migrants somaliens, dont des femmes et des enfants, ont été tués en mer Rouge, au large du Yémen, a rapporté le Comité international de la Croix-Rouge, vendredi 17 mars. L’Organisation internationale des migrations (OIM) a quant à elle fait état d’un bilan de quarante-deux morts.

L’embarcation, qui emportait environ cent cinquante personnes, aurait été visée par un navire militaire et mitraillée par un hélicoptère, de nuit, alors qu’elle tentait de rejoindre le Soudan, selon un des passeurs, interrogé par l’agence Associated Press (AP). Des photographies circulaient, le jour même, sur les réseaux sociaux, montrant des dizaines de corps alignés au sol sous des couvertures, dans le port yéménite de Hodeida, avant leur transfert vers les hôpitaux.

Les rebelles houthistes, maîtres de Hodeida et de la capitale, Sanaa, ont accusé la coalition saoudienne qui leur mène la guerre depuis mars 2015. Riyad a démenti. La zone de Hodeida est « dangereuse », « un lieu de trafic d’armes en l’absence de l’ONU », a rappelé le général saoudien Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition.

Les migrants ont allumé des torches électriques

La coalition a la maîtrise des airs au Yémen et des eaux yéménites de la mer Rouge, qu’elle patrouille intensément depuis deux ans. Elle estime que les rebelles, maîtres de la plus grande part de cette bande côtière, s’approvisionnent en armes par un trafic mené à bord d’embarcations légères. Malgré les combats, des réfugiés de la Corne de l’Afrique demeurent au Yémen et y transitent par des réseaux de passeurs qui se renforcent dans le Nord, selon le bureau à Sanaa du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).

Vendredi, le passeur yéménite Al-Hassan Ghaleb Mohammed a affirmé à AP que son embarcation avait quitté la côte yéménite à Ras Arra, dans la province de Hodeida. Elle avait parcouru une cinquantaine de kilomètres, s’approchant du détroit de Bab Al-Mandeb, qui ferme la mer Rouge, lorsqu’elle a été visée, de nuit, par un navire militaire et un hélicoptère. Ce dernier aurait interrompu son tir après que les migrants eurent allumé des torches électriques, montrant qu’ils étaient des civils.

Trente-cinq blessés ont été admis dans les hôpitaux de Hodeida. Des dizaines de survivants et trois trafiquants yéménites qui les accompagnaient ont été conduits vers la prison centrale, selon un responsable portuaire. L’OIM a assuré ne pas avoir affrété ce bateau, précisant qu’elle veille généralement à obtenir les autorisations des parties en guerre pour de telles opérations. Mohammed Abdiker, son directeur des opérations d’urgence, a estimé, à Genève, que l’attaque était « totalement inacceptable », et que les assaillants auraient dû vérifier qui était à bord avant de tirer.

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