Vendredi 15 Décembre 2017

Mohamed O. Abdel Aziz (Mauritanie): «La Constitution sera respectée»

Mohamed O. Abdel Aziz (Mauritanie): «La Constitution sera respectée»
(RFI 15/04/17)
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz

Le président mauritanien termine ce vendredi 14 avril 2017 une visite officielle en France. Il a rencontré mercredi son homologue français. Au menu des discussions, essentiellement, la lutte contre le terrorisme et le soutien que peut apporter la France aux pays du G5 Sahel. Sur la situation au Sahel justement, mais aussi sur la réforme constitutionnelle qu'il entend soumettre à référendum malgré l'opposition des sénateurs, et sur la fin de son second mandat, Mohamed Ould Abdel Aziz répond sur RFI aux questions de Marie-Pierre Olphand, avec les moyens techniques de Manu Pochez.

RFI : Monsieur le président, les ministres français ces derniers temps ont un peu boudé la Mauritanie. Il y a eu très peu de visites officielles depuis votre réélection en 2014. Est-ce qu’on peut dire que vos relations étaient meilleures quand Nicolas Sarkozy était au pouvoir ?

Mohamed Ould Abdel Aziz : Oui, il y avait peut-être plus d’échanges, mais ça ne veut pas forcément dire que les relations étaient meilleures. Les raisons il faut les chercher ici [en France], pas en Mauritanie.

Est-ce que l’élection de François Fillon serait une bonne nouvelle pour vous, le retour de la droite au pouvoir en France ?

Nous suivons avec beaucoup d’intérêt ce qui se passe actuellement au niveau des élections en France et de toute façon on est obligés de nous entendre et de continuer à entretenir de bons rapports avec la France. Je ne pense pas que ce soit une question d’homme.

Sur la question du terrorisme, depuis un an les jihadistes du nord du Mali étendent leur influence maintenant jusqu’à Mopti, au centre du pays, grâce notamment à des complicités dans la communauté peule. Est-ce que ça vous inquiète ?

Tout ce qui se passe au Mali nous inquiète. Effectivement, le problème est en train de s’étendre du nord vers le sud, malheureusement, alors qu’il y avait déjà des difficultés qui se trouvaient au nord du pays et qui ne sont pas maîtrisées. Nous voyons que la situation s’aggrave. Au lieu d’être maîtrisée, elle s’aggrave maintenant.

Le président IBK n’en fait pas assez ? Ne fait pas ce qu’il faut ?

Non, les Maliens font tout ce qu’ils peuvent faire, mais la situation est extrêmement difficile. Et elle est alimentée aussi par des tensions qui sont extérieures au Mali, malheureusement. Vous savez, la situation est assez complexe. On parle de rébellion au nord du Mali, on parle de terrorisme et on parle malheureusement moins du trafic de drogue qui sévit dans la région, qui alimente un peu tout ça. La seule source de financement, de soutien, après bien sûr le paiement de rançons, c’est le trafic de drogue.

La Mauritanie est imperméable à ces trafics ?

Oui, nous faisons en tout cas beaucoup d’efforts. C’est vrai qu’il est très, très difficile de dire que la Mauritanie est imperméable. Nous avons un million de kilomètres carrés à gérer, à sécuriser et à rendre imperméables. Mais en tout cas nous faisons beaucoup d’efforts et ça a donné des résultats probants, visibles.

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