Mardi 25 Juillet 2017

«Mobutu»: un dictateur africain chouchou des démocrates occidentaux

«Mobutu»: un dictateur africain chouchou des démocrates occidentaux
(RFI 17/05/17)
Photo datée du 9 décembre 1984. François Mitterrand et son homologue zaïrois Mobutu Sese Seko s'apprêtent à effectuer une croisière sur le fleuve Zaïre (Congo). © AFP/Georges Gobet

Il y a 20 ans, des rebelles dirigés par Laurent-Désiré Kabila prenaient d’assaut la capitale de l'ex-Zaïre, Kinshasa, poussant l'homme fort du pays, le maréchal Mobutu, à s’enfuir. C'est la fin de la dictature de l'homme aux toques de léopard. A l’occasion du vingtième anniversaire de cette date historique, retour sur les ambiguïtés du personnage Mobutu, à travers une biographie complète du dictateur qui paraît ces jours-ci.

Ce 16 mai 2017 est une journée historique pour la République démocratique du Congo, l’ex-Zaïre. Il y a deux décennies jour pour jour tombait le régime du maréchal Mobutu au terme de 32 années de règne sanguinaire. Ce jour-là, les Zaïrois attendaient avec impatience la chute de l’homme aux invariables toques de léopard. Sous la pression des rebelles soutenus par les Rwandais et les Ougandais, Mobutu avait pris la fuite vers ses terres de Gdabolite, dans le nord-ouest du pays, aux confins de la République centrafricaine, avant de partir s’installer dès le lendemain au Maroc.

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat financé par les Occidentaux qui voyaient en lui un rempart contre les communistes, l’homme avait fait régner la terreur dans son pays, éliminant méthodiquement ses opposants et spoliant son peuple. C’est cette histoire quasi-Shakespearienne de crimes de sang, de corruption et de pillage que raconte le journaliste Jean-Pierre Langellier dans la biographie qu’il vient de consacrer au dictateur congolais, mort quelques mois seulement après son départ précipité de son pays. Correspondant en Afrique du quotidien Le Monde entre 1979 et 1983, le journaliste français avait rencontré à plusieurs reprises le chef d’Etat zaïrois.

« Personnage haut en couleur, Mobutu impressionnait, se souvient l’auteur, par son intelligence qui lui a permis de s’ériger en un leader africain incontournable de son temps ». Ce sont ses rencontres avec ce chef d’Etat hors norme qui a conduit Jean-Pierre Langellier à se lancer dans le projet biographique du dictateur. « C’était d’autant plus passionnant à faire, explique l’auteur, qu’il n’existait pas de biographie complète de l’homme, de son enfance à son exil au Maroc. »

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