Vendredi 20 Octobre 2017

Les diplomates occidentaux taclés par l’opposition et le pouvoir kényans

Les diplomates occidentaux taclés par l’opposition et le pouvoir kényans
(Le Monde 05/10/17)

Quatorze ambassades, qui avaient salué le scrutin du 8 août annulé par la Cour suprême, ont appelé à des élections « libres, justes et crédibles » le 26 octobre. Ces dernières semaines, le parti présidentiel Jubilee et la coalition d’opposition NASA, les deux principales forces politiques kényanes, n’étaient d’accord sur rien. Les critiques émises par les diplomates en poste à Nairobi leur auront enfin offert un point d’entente. Lundi 3 octobre, quatorze ambassadeurs et représentants de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, ont pressé les leaders politiques de tout mettre en œuvre pour garantir des élections « libres, justes et crédibles » dans trois semaines, critiquant l’attitude des deux camps.

Par la voix de l’ambassadeur américain Robert Godec, ils ont appelé à l’abandon du processus visant à modifier en urgence la loi électorale, actuellement en cours au Parlement. Ce texte porté par le parti du président Uhuru Kenyatta touche notamment au fonctionnement de la Commission électorale (l’IEBC, organe chargé d’organiser les élections) et au mode de décompte des voix. « Il est d’usage selon les meilleures pratiques internationales en la matière d’éviter de changer les lois électorales juste avant une élection », a déclaré au nom de ses pairs le diplomate américain devant la presse, précisant qu’une telle réforme demandait une « réflexion approfondie » et un « consensus politique ».

« Ce que les puissances occidentales pensent ne reflète que leur propre opinion », a balayé le député Jubilee William Cheptumo, coprésident du groupe parlementaire chargé d’examiner ce texte. D’autres élus de la majorité présidentielle sont allés plus loin, reprenant ironiquement les tournures diplomatiques pour dénoncer ce qu’ils voient comme un parti pris : « Nous aurions été heureux que les distingués diplomates prennent en compte que les meilleures pratiques internationales ne recommandent pas de souscrire aux provocations et aux menaces de la NASA », ont-ils réagi dans une déclaration commune.

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