Jeudi 19 Octobre 2017

« La stabilité du Mozambique est mise à l’épreuve par la violence et la lutte pour le pouvoir »

« La stabilité du Mozambique est mise à l’épreuve par la violence et la lutte pour le pouvoir »
(Le Monde 12/10/17)
Le président mozambicain Filipe Nyusi.

Alex Vines, chercheur pour Chatham House, décrypte les fragilités sécuritaires, politiques et économiques auxquelles est confronté le président Filipe Nyusi. A l’issue de son onzième congrès, lundi 2 octobre à Matola, le Front de libération du Mozambique (Frelimo, au pouvoir) a investi à l’unanimité l’actuel président, Filipe Nyusi, à sa tête et, par conséquent, comme candidat pour l’élection présidentielle de 2019. Celui-ci a consolidé son pouvoir au sein du parti en désignant de nouveaux alliés au sein de sa commission politique et affaibli l’influence de son prédécesseur, Armando Guebuza.

Cependant, en dehors du parti, M. Nyusi est confronté à des difficultés politiques et économiques croissantes, ainsi qu’à la menace grandissante de la violence armée, particulièrement visible ces derniers jours.

Ainsi, le 5 octobre, un groupe d’une trentaine d’hommes a attaqué trois postes de police à Mocimboa da Praia, dans la province de Cabo Delgado. La veille, le maire de la troisième ville du pays, Nampula, a été abattu alors qu’il assistait à une cérémonie commémorant le 25e anniversaire de l’Accord général de paix qui a mis fin à la guerre civile opposant le gouvernement et la guérilla de la Renaissance nationale du Mozambique (Renamo), devenue aujourd’hui parti d’opposition.
Bande cagoulée

Depuis 2013, une lutte armée pour le pouvoir entre le gouvernement et la Renamo refait surface, mais ces récents événements portent à croire que la violence s’étend désormais au-delà de cette division. Le maire de Nampula, Mahamudo Amurane, était membre du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), un parti de l’opposition non armée, mais s’était éloigné progressivement de ce dernier et prévoyait de se présenter comme candidat indépendant lors des élections municipales d’octobre 2018. Sa mort pourrait être liée à son différend avec le MDM ou à ses initiatives visant à combattre la corruption dans sa ville.

L’attaque armée de Mocimboa da Praia est tout aussi préoccupante. Bien que la police mozambicaine affirme avoir tué une dizaine de membres du commando et en avoir arrêté deux autres, les véritables motivations de cette bande cagoulée restent peu claires. Les assaillants, munis de kalachnikovs (la police en a saisi deux) et de machettes, ont tué au moins deux policiers. Ils voulaient vraisemblablement se procurer d’autres armes à feu, une tactique également utilisée par la Renamo pendant ses opérations armées contre le gouvernement.

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