Jeudi 14 Décembre 2017

Kenya: le procureur général menace l'opposition de poursuites pour trahison

Kenya: le procureur général menace l'opposition de poursuites pour trahison
(AFP 07/12/17)
Kenya: le procureur général menace l'opposition de poursuites pour trahison

Le procureur général du Kenya a averti jeudi l'opposition que l'investiture comme président de son leader Raila Odinga, qu'elle compte organiser mardi, pourrait constituer un crime de "haute trahison".

"La loi pénale de la République du Kenya (...) stipule que ce processus est de la haute trahison", a déclaré Githu Muigai lors d'une conférence de presse à Nairobi. "C'est de la haute trahison de la part de la personne impliquée et de toute autre personne qui facilite ce processus".

Après avoir obtenu l'invalidation en justice de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta à l'élection du 8 août, l'opposant Raila Odinga a boycotté la nouvelle élection, organisée le 26 octobre. Il continue de contester la légalité et la légitimité de la victoire de son rival à l'élection d'octobre, validée cette fois par la Cour suprême.

Cette saga électorale, émaillée de violences ayant fait au moins 58 morts depuis le 8 août, a pris fin le 28 novembre avec l'investiture de M. Kenyatta. Mais elle a profondément polarisé le pays, lui rappelant ses profondes divisions ethniques, géographiques et sociales.

Le jour de la cérémonie d'investiture de M. Kenyatta, Raila Odinga avait promis à ses partisans qu'il serait lui-même investi président le 12 décembre par "l'Assemblée du peuple", une initiative aux contours assez flous lancée par l'opposition dans le cadre d'une campagne de "résistance".

La peine maximale encourue pour trahison est la peine de mort, a souligné M. Muigai. Mais si cette dernière est toujours prévue par le code pénal kényan, aucun condamné n'a été exécuté depuis 1987, selon l'ONG Amnesty International.

Mercredi soir, les États-Unis, par le biais de leur ambassade à Nairobi, ont appelé les responsables de l'opposition kényane à "éviter toute action anticonstitutionnelle telle que la +cérémonie d'investiture" proposée pour le 12 décembre" et à "travailler dans le cadre des lois kényanes dans la quête des réformes qu'ils souhaitent".

M. Odinga a rétorqué jeudi que "les problème kényans seront résolus par le peuple kényan". "Ne venez pas nous crier que nous allons violer la Constitution".

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