Jeudi 23 Novembre 2017

Cameroun: report du verdict dans le procès du journaliste de RFI (avocat)

Cameroun: report du verdict dans le procès du journaliste de RFI (avocat)
(AFP 20/04/17)
Le journaliste de RFI Ahmed Abba

Le tribunal militaire de Yaoundé a reporté au 24 avril le verdict dans le procès contre le journaliste de RFI Ahmed Abba, en détention depuis juillet 2015 et qui risque la peine de mort pour "complicité" de terrorisme, a annoncé son principal avocat joint par l'AFP.

"Le verdict a été reporté au lundi 24 avril (...) alors que les juges avaient jusqu'à ce jeudi, dernier délai pour prendre leur décision", a précisé à l'AFP l'avocat Me Charles Tchoungang, qui s'est déclaré "surpris" par ce report qui "s'inscrit hors de la loi".

"C'est la tactique depuis le début des autorités camerounaises : de repousser une audience de jour en jour et garder un journaliste derrière les barreaux", a déclaré à l'AFP Cléa Kahn-Sriber, responsable Afrique chez Reporters sans frontières (RSF).

Correspondant de Radio France Internationale (RFI) en langue haoussa, Ahmed Abba, est poursuivi pour "non-dénonciation d'actes de terrorisme, apologie et blanchiment d'actes de terrorisme". Il avait été arrêté fin juillet 2015 à Maroua, dans l'extrême-nord du Cameroun avant d'être transféré à Yaoundé où il est depuis détenu.

Le 6 avril, le parquet a requis la peine de mort contre M. Abba. Les avocats du journaliste ont demandé son acquittement.

Le journaliste continue lui clamer son innocence, alors que le parquet estime qu'il a "collaboré" avec des islamistes de Boko Haram.

Dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, le groupe islamiste nigérian Boko Haram fait d'importantes incursions et commet de nombreux attentats-suicides.

Le 7 avril, RFI avait mis en avant dans un communiqué "l'absence de preuve" contre son journaliste, déclarant espérer que sa comparution ce jeudi serait "aussi le dernier jour de son calvaire".

De son côté, RSF a également rappelé qu'un autre journaliste, Louis Nedjo, accusé de "diffamation" est actuellement détenu au Cameroun et que plusieurs autres journalistes des zones anglophones du pays ont été arrêtés.

Fin juin 2014, une loi antiterroriste très controversée est entrée en vigueur au Cameroun, prévoyant notamment la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d'actes de terrorisme ou de complicité.

Depuis, des dizaines de personnes ont été condamnées à la peine capitale pour terrorisme.

Le code pénal camerounais prévoyait déjà cette peine pour les coupables de meurtres et d’assassinats, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis le milieu des années 1980.

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