Vendredi 20 Octobre 2017

Message du Président Jean-Pierre FABRE, Président National de l’ANC, Chef de file de l’opposition

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Mes Chers Compatriotes,

L’année 2016 s’achève. Les Togolaises et les Togolais ne voient toujours pas se réaliser la moindre de leurs aspirations profondes, relatives notamment, aux réformes politiques et au développement économique et social. Toutes les initiatives, engagées dans ce sens, par les forces de l’alternance et du changement, sont délibérément torpillées et systématiquement noyées dans les dédales obscurs des pratiques du système RPT/UNIR.

Cette situation, qui ne cesse de nous interpeller, doit nous renforcer dans notre détermination à poursuivre résolument la lutte qu’ensemble nous menons pour libérer de la dictature, notre pays le Togo ainsi que le peuple togolais tout entier.

Cette année encore, nombre de nos camarades de l’ANC nous ont quittés. En saluant leur mémoire, ayons une pensée pour tous nos compatriotes tombés sous les balles et les bottes d’un régime qui érige la violence et la terreur en système de gouvernement et maintient les populations dans une situation d’indigence, de misère et de précarité.

Ayons également une pensée compatissante pour toutes celles et tous ceux qui, l’âme en peine, passent cette fin d’année dans la tourmente et l’affliction, la tristesse et le désarroi, victimes des dérives et autres exactions de ce régime.

Je veux parler des prisonniers politiques, des femmes et commerçants des marchés, ruinés dans les incendies des marchés, abandonnés à leur triste sort et demeurés sans aucun soutien du gouvernement.

Je veux parler des enseignants actuellement en grève avec pour conséquence l’arrêt des cours et les élèves dans les rues. Je leur réitère notre solidarité et j’en appelle une fois encore au gouvernement pour que les discussions reprennent sans tarder avec les syndicats.

Je veux parler également des personnels de la santé qui, sans grands moyens et dans un cadre professionnel délabré et laissé à l’abandon, se battent nuit et jour pour sauver des vies

Je veux aussi parler de tous les travailleurs togolais qui luttent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Je veux parler enfin, de la jeunesse en détresse, sans emploi et sans perspective, exposée à toutes les tentations et à tous les dangers d’un monde tourmenté.

Au seuil de l’année nouvelle, je voudrais, au nom de l’ANC et en mon nom personnel, souhaiter à chacun de vous et à vos familles respectives, une année 2017 plus clémente, plus sereine et riche d’espérance. Je forme pour vous tous, mes vœux ardents de santé et de paix. Je souhaite que l’Eternel vous bénisse dans vos projets et qu’il nous gratifie tous, de la force et du courage nécessaires pour poursuivre notre combat et mener jusqu’à son terme notre marche vers la liberté.

Je saisis l’occasion pour vous renouveler, mon engagement personnel et celui de notre parti, l’ANC, pour la poursuite de ce combat jusqu’à la victoire finale : la victoire de la démocratie, la victoire de la réconciliation, la victoire du développement de notre pays le Togo. Ce pays qui a plus que jamais besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, au moment où l’histoire des peuples s’accélère partout à travers le monde et autour de nous.

Nous sommes convaincus qu’un autre Togo est possible et nous y œuvrons ensemble avec tous nos alliés proches et lointains, dont les partis politiques réunis avec nous dans le Combat pour l’Alternance Politique, CAP 2015.

Mes Chers Compatriotes,

Au mois d’avril 2015, après nos multiples efforts, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pour réclamer mais en vain, la mise en œuvre des réformes politiques essentielles prescrites par l’APG, notre pays connaissait pour la énième fois un scrutin présidentiel calamiteux, organisé dans les conditions que vous savez, avec des dérives de toutes sortes, orchestrées par le régime RPT/UNIR pour conserver le pouvoir.

Aujourd’hui, 18 mois après cette mascarade, et alors que les échéances constitutionnelles des élections législatives se profilent à l’horizon de mai 2018, le Chef de l’Etat s’enferme dans un refus obstiné de mettre en œuvre les réformes politiques et s’évertue à instrumentaliser le HCCRUN et sa Présidente ainsi que des acteurs de la vie politique et sociale, pour tenter de se soustraire à ses propres engagements.

De plus, à ce jour, aucune visibilité n’est donnée aux populations sur les contours réels du processus de décentralisation et encore moins sur le calendrier des élections locales auxquelles le gouvernement RPT/UNIR s’est engagé depuis plus de 12 ans. Et le récent atelier organisé les 6, 7 et 8 décembre 2016 par le gouvernement sur la question, n’aura été qu’un enfumage grotesque, pour masquer les critères iniques et foncièrement tribalistes sur lesquels s’appuie le régime dans le but de pervertir un processus aussi important pour l’ancrage de la démocratie dans notre pays. L’ANC dénonce la continuation de l’imposture et entend s’y opposer fermement afin que toutes les togolaises et tous les togolais, à quelque partie du territoire qu’ils appartiennent, soient égaux en droit et, surtout, en suffrage, conformément à la Constitution.

En outre, les institutions impliquées dans l’organisation des élections poursuivent unilatéralement leurs travaux, en l’absence de tout représentant de l’opposition, échafaudant à huis clos, les stratégies de fraudes électorales en faveur du parti au pouvoir.

Il en est ainsi de la CENI qui, après l’exclusion arbitraire des cinq représentants de CAP 2015, depuis la présidentielle de 2015, continue de travailler en catimini, à la préparation des prochaines élections. Le caractère illégal de cette CENI dans sa composition actuelle, rend illégales et irrecevables, nulles et non avenues, toute délibération et toute décision de l’institution.

La HAAC, dans la composition de laquelle le régime RPT/UNIR s’est obstinément refusé à intégrer toute représentation de l’opposition, violant ainsi et de manière flagrante, la loi portant statut de l’opposition et le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, continue de protéger les intérêts du pouvoir en se dérobant aux exigences de sa mission, notamment lorsqu’il faut enjoindre un média public, de donner suite à un droit de réponse demandé par un acteur de l’opposition.

La Cour Constitutionnelle reste et demeure le rempart du Chef de l’Etat et du pouvoir RPT/UNIR contre toute quête de justice et d’équité provenant de l’opposition. Elle ne rend aucune décision qui ne soit favorable au maintien en place du système RPT/UNIR, dont elle procède en totalité dans sa composition.

Mes Chers Compatriotes,

Les enjeux de l’heure sont donc clairs. Un Chef d’Etat qui s’oppose à toute réforme politique et électorale, tout en maintenant à sa botte, l’ensemble des institutions de la République, voilà comment se perpétue la dictature au Togo, voilà comment le système électoral de notre pays demeure perverti et verrouillé, voilà comment la justice et la vérité demeurent bâillonnées.

La lettre pastorale de la Conférence des Evêques du Togo, rendue publique, cette année, le 27 avril 2016, a judicieusement fait un état des lieux accablant et sans complaisance de la situation sociopolitique de notre pays. Nous avons en son temps, ensemble avec la communauté des hommes et femmes de bonne volonté, salué la pertinence de cette initiative pastorale d’éveil du citoyen à la responsabilité dans la justice et dans la vérité. Nous avons également, comme sous d’autres cieux, souhaité un accompagnement moral conséquent.

Nous comprenons difficilement que les mêmes qui appellent les Togolaises et les Togolais à un nouveau départ et à un nouvel engagement dans la vérité et la responsabilité, puissent verser de manière si ostentatoire dans l’adulation d’un régime oppresseur et corrompu, et s’appliquent à faire l’éloge de dépenses somptuaires et d’actions gouvernementales réalisées à des coûts prohibitifs, qui privent le pays des ressources nécessaires à la satisfaction des besoins sociaux élémentaires des populations. Comment est-il possible d’œuvrer ainsi contre l’alternance après l’avoir proclamée « exigence de droit naturel » ?.

Il nous est donc impérieux de redoubler de vigilance et d’ardeur pour faire voler en éclats tous les verrous d’un système pervers et corrompu, rythmé par l’arbitraire et les violations des libertés, le tribalisme et l’instrumentalisation des institutions, l’injustice et l’iniquité, la fraude et les holdups électoraux. Nous devons persévérer dans l’effort. L’histoire nous rappelle que les pères de l’indépendance et fondateurs de notre nation n’ont jamais désespéré de lutter jusqu’à la victoire.

Togolaises, Togolais,

Mes Chers Compatriotes,

Les nombreuses tournées, effectuées dans le cadre des activités politiques de l’ANC et de CAP 2015, nous édifient suffisamment sur l’engagement et les convictions inébranlables des populations, qui demeurent pour nous la meilleure réplique aux appréciations et soutiens indécents, complaisants et intéressés de personnalités étrangères, appelées à la rescousse pour faire l’apologie d’un régime aux abois.

En tout état de cause, l’ANC poursuivra inlassablement ses actions de sensibilisation et de mobilisation des populations, pour sortir le Togo de l’impasse et de l’immobilisme et pour que les textes fondamentaux, leur application ainsi que l’organisation et le fonctionnement régulier des institutions de notre pays créent les conditions de l’alternance.

A cet égard, il importe que l’opposition puisse jouer pleinement son rôle, conformément à la Constitution , en étant effectivement représentée dans toutes les institutions de la République et en ayant accès à toutes les informations sur les questions importantes relatives à la vie de la nation, en application de la loi portant statut de l’opposition.

C’est le sens des différentes lettres que le Chef de File de l’Opposition a adressées au gouvernement, lettres auxquelles le gouvernement n’a jamais daigné répondre, révélant ainsi les intentions cachées derrière la prise du décret d’application de la loi portant statut de l’opposition, à savoir, faire du Chef de file de l’opposition un accompagnateur zélé de la politique du pouvoir en place.

C’est le sens du colloque organisé par CAP 2015, les 10 et 11 octobre 2016 à Lomé, sur la problématique de l’alternance politique en Afrique, et qui a connu un réel succès. C’est le sens des réformes politiques et électorales prévues par l’APG.

L’ANC est convaincue qu’une alternance politique, respectueuse des principes démocratiques, est un facteur déterminant de résolution juste et durable de la crise togolaise et, partant de développement économique et de progrès social.

Mes Chers Compatriotes,

Le Togo et son devenir appartiennent à tous les togolais, sans aucune discrimination. Et tous les togolais, sans distinction, ont le droit de nourrir et de voir se réaliser leurs espoirs et leurs espérances.

Ensemble nous voulons combler les attentes de tous.

Ensemble nous voulons voir nos efforts couronnés de succès au cours de l’année 2017.

Ensemble nous réaliserons, c’est mon intime conviction, la promesse du rayonnement de cette nouvelle République, qu’une plume d’inspiration divine baptisa ‟l’or de l’humanité’’.

Bonne année à tous,

Et que Dieu bénisse le Togo et le peuple togolais tout entier !

ABLODE GBADJA !

Lomé, le 28 décembre 2016

Le Président National de l’ANC

Chef de file de l’opposition

Jean-Pierre FABRE

Date parution: 
Vendredi, 30 Décembre, 2016 - 11:45
Source du communiqué: 
ANC

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