Vendredi 24 Novembre 2017

« M. Macron, c’est le moment de porter la voix des Togolais qui veulent en finir avec Gnassingbé ! »

« M. Macron, c’est le moment de porter la voix des Togolais qui veulent en finir avec Gnassingbé ! »
(Le Monde 18/10/17)
Manifewtation de l'opposition togolaise

Notre chroniqueur rappelle au président français sa promesse faite à la tribune des Nations unies, en septembre, de « parler pour ceux qu’on n’entend pas ». Tikpi Atchadam. Voilà le nom de celui qui redonne de l’espoir au peuple togolais écrasé par cinquante années du règne d’une dynastie, les Gnassingbé père et fils. Depuis cinq décennies, le Togo est dirigé par le père, Eyadéma (1967-2005) puis le fils, Faure, depuis 2005. Les élections organisées dans ce pays relèvent plus de la farce électorale que d’une consultation du peuple, la dernière élection présidentielle en 2015 officiellement remportée par le président sortant, Faure Gnassingbé illustre à elle seule la mascarade : les résultats sont proclamés alors que le dépouillement est effectué à 40 %.

Qu’à cela ne tienne, la communauté internationale, France en tête, félicite le vainqueur. Circulez, y a rien à voir. Mais, depuis le mois d’août, le Parti national Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam a réveillé l’opposition lors de manifestations violemment réprimées provoquant la mort de plusieurs personnes (le bilan demeure contesté, il y a eu au moins deux morts). Depuis lors, l’opposition réunifiée manifeste dans tout le pays pour demander le retour à la Constitution de 1992, qui limite notamment le nombre de mandats présidentiels à deux, et le départ du président Faure Gnassingbé.

Déclic psychologique

Ces manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, une première dans l’histoire du Togo. Rien ne sera plus comme avant. Les Togolais n’ont désormais plus peur de descendre dans la rue pour demander le départ de celui qui les dirige depuis plus de douze ans déjà. Longtemps, la répression meurtrière de 2005 (le bilan établi par la Fédération internationale des droits de l’homme est de 811 morts) a été un frein à une contestation populaire d’envergure. Ce n’est plus le cas. Les Togolais n’ont plus peur car le ras le bol est à son comble. Cinquante ans d’un régime meurtrier et prédateur, cela fait long, très long.

Il s’est produit un déclic psychologique comparable à celui que les Burkinabés ont connu avec les mutineries de 2011. Le pouvoir de Blaise Compaoré montrait soudainement toute sa fragilité et le chasser devenait enfin envisageable. Depuis les manifestations d’août, les Togolais eux aussi envisagent le départ de Faure Gnassingbé.

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