Mercredi 23 Août 2017

Les partenaires souhaitent le depart de Cina Lawson...

Les partenaires souhaitent le depart de Cina Lawson...
(Alternative 18/04/17)

Si ce n’est un abandon de poste, cela y ressemble presque. Et dans ces genres de situation dans l’administration publique et privée, un communiqué vient rappeler au « déserteur » de regagner son poste dans un délai précis auquel cas il sera considéré comme démissionnaire.

Cina Lawson elle ne sera pas soumise à cette procédure, disons à cette humiliation. Et pourtant cela fait presque deux mois et demi qu’elle a déserté son poste de ministre pour une randonnée à l’extérieur dont nul ne connaît les contours. Bienvenu au ministère des postes et de l’économie numérique, un département fantôme qui englouti des milliards pour de piètres résultats.

C’est en mai 2010 à la faveur d’un remaniement ministériel que Cina Lawson fit son apparition dans l’équipe de Gilbert Houngbo au département des postes et télécommunications. Ils étaient nombreux ces togolais à être surpris de voir dans un gouvernement de Faure Gnassingbé la fille de Francisco Lawson dont le passé à l’endroit du régime Eyadema est connu de tous du moins des anciens. Mais le cas Cina Lawson n’était pas un évènement à côté du mercato politique de Gilchrist Olympio l’opposant qualifié d’historique qui a choisi de rejoindre avec armes et bagages le pouvoir à la faveur d’un fameux accord RPT-UFC. Née en 1973 la benjamine du dernier gouvernement de Gilbert Houngbo est présentée comme une perle rare.

Les traits saillants de son impressionnant et ronflant CV se déclinent comme suit : Diplômée de l’Institut d’Etudes politiques de Paris en 1996 (section économique et financière), DEA en Economie appliquée dans le même Institut en 1997 suivi d’une Maitrise d’Histoire (mention très bien) à l’Université Paris X, Master à la Kennedy School of Government de l’Université Harvard. Selon toujours son CV elle a commencé sa carrière à la Banque mondiale (sic) où elle conseillait les gouvernements sur les politiques télécoms avant de faire un tour à Orange France. On ne pouvait rêver un meilleur profil pour les télécoms au Togo que celui-là mais à l’épreuve des faits depuis 7 ans il y a un contraste entre le CV et les résultats. Très vite Cina Lawson s’est imposée comme un maillon essentiel dans l’entourage de Faure Gnassingbé. Sa proximité particulière avec Faure Gnassingbé lui a conféré un statut spécial au sein du gouvernement.

Un CV impressionnant pour des résultats catastrophiques

Cina Lawson deux ans après son entrée au gouvernement collecte les distinctions alors que le consommateur togolais peine à toucher du doigt ses résultats probants. Ainsi en mars 2012 elle est désignée « Jeune leader mondial » par le Forum Economique mondial. Ensuite elle est citée parmi les 20 femmes les plus influentes en Afrique par Forbes et enfin elle est présente parmi les 25 femmes les plus influentes en Afrique selon Jeune Afrique en mai 2013. Ses prouesses se limitent à ces distinctions de pacotille que balancent parfois certains magazines moyennant ce que l’on sait. Sur le terrain en dehors de sa présente accrue auprès de Faure Gnassingbé, de sa condescendance même à l’endroit de ses collègues, de sa présence dans les nombreux voyages elle peine à relever le secteur des télécommunications.

Togolécom déjà mal en point à la suite d’une gestion calamiteuse n’a u être sauvé de sa descente aux enfers. Le coût des communications au Togo ainsi que la qualité des services est dénoncé par les consommateurs et des partenaires à travers plusieurs rapports. La piètre qualité de l’internet au Togo est devenue un véritable frein au développement. Face au tollé général et surtout aux appels pour un troisième opérateur de téléphonie mobile Cina Lawson multipliait des sorties hasardeuses. Tantôt elle annonce un troisième opérateur, tantôt elle déclare que le pays n’est pas trop grand pour s’ouvrir à un troisième opérateur.

Et pourtant les pays avec des populations moins nombreuses que le Togo à savoir le Gabon, la Gambie, la Sierra Léone ont chacun trois opérateurs de téléphonie mobile sur leurs territoires. Plus surprenante est la dernière sortie sur tweeter de Cina Lawson qui estime que les besoins des togolais ont changé et la qualité d’internet que les populations veulent c’est pour faire wathsapp. Qu’une ministre en vienne à réduire l’usage de l’internet et surtout sa qualité en une affaire d’un réseau social dans une économie de plus en plus mondialisé sort de l’entendement. Le désastre constaté dans les télécommunications au Togo ne préoccupe plus seulement les togolais. Les partenaires au développement qui y ont détecté un écueil majeur à l’essor économique du pays s’y mêle désormais.

La banque mondiale et le FMI dans leurs différents rapports sur le Togo ont toujours dénoncé les coûts excessifs de la communication et exhorté les autorités à prendre des mesures nécessaires notamment l’ouverture du secteur à la concurrence. Des recommandations rangées dans les tiroirs depuis des années. En janvier dernier les mêmes partenaires après une mission au Togo ont clairement souhaité le remplacement de l’actuel ministre des postes et de l’économie numérique.

Ceci à travers un rapport confidentiel transmis à Faure Gnassingbé. Outre le FMI et la BM c’est au tour du MCC de rentrer dans le jeu en pointant aussi du doigt le peu d’avancée obtenu par le Togo dans les TICS alors que les autres pays ont pris un tournant décisif. La déception des partenaires est d’autant plus grande qu’à chaque mission à Lomé, ils ne trouvent pas d’interlocuteurs au niveau du ministère des postes et de l’économie numérique.

Ministère des postes et de l’économie numérique : Un département fantôme

Ce n’est trop dire que le ministère des postes et de l’économie numérique est un département fantôme. C’est le seul ministère depuis 7 ans qui n’a pas d’organigramme. Il n’existe pas de Secrétaire général, pas de Direction administrative et financière. Il n’existe pas non plus d’attaché de cabinet. Depuis la nomination de Romain Tagba Directeur général de Togotélecom, il a quitté ses fonctions de Directeur de cabinet du ministère. Un bon débarras pour Cina Lawon qui avait déjà beaucoup de mal à composer avec ce dernier. Le ministère est depuis sans directeur de cabinet.

Lors de leurs séjours à Lomé les missions du FMI, de la BM et du MCC ont cherché en vain à échanger avec les responsables des différentes directions notamment les directions des projets, les directions des Nouvelles technologies, la DAF mais ils sont rendus compte avec surprise qu’il n’existe aucune direction digne de ce nom dans ce département. Comment peut-on alors attendre des résultats d’un ministère qui ne dispose d’aucune direction à part les consultants sporadiques qui débarquent à Lomé et repartent les poches pleines. Comment au sommet de l’Etat on a laissé prospérer une situation de ce genre ? Pourquoi autant de laxisme et de légèreté dans le fonctionnement d’un ministère aussi sensible et important que celui des TICS.Naturellement lorsque Mme la ministre est absente le ministère ne fonctionne plus.

La fugue familiale

Nous l’avons déjà évoqué dans notre dernière parution. Cela fait deux mois et demi que dame Cina Lawson est absente du pays. Selon des sources autorisées elle serait volatilisée avec sa mère et sa sœur Sonia. Depuis plus deux mois son département est totalement à l’arrêt vu qu’il n’existe pas de cabinet, de directions, de Secrétariat général. Dans les dispositions réglementant les missions des ministres il est clairement dit qu’aucun ministre ne peut faire plus de 15 jours à l’extérieur quel que soit la mission. Or Cina Lawson passe déjà plus de deux mois et demi dehors sans que l’on ne sache en quoi consiste réellement cette mission. Il est fort à parier que le Secrétaire général du gouvernement qui donne les ordres de mission n’a même pas été avisé encore moins le premier ministre chef du gouvernement. Face à cette situation inédite dans ce ministère et vu les préoccupations des partenaires, la balle est dans le camp de Faure Gnassingbé. Reste à savoir s’il pourra mettre de côté les sentiments pour prendre les décisions qu’il faut en vue de redonner du souffle à ce secteur stratégique.

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