Vendredi 15 Décembre 2017

Tchad : ACF juge l'insécurité nutritionnelle très préoccupante (SYNTHESE)

Tchad : ACF juge l'insécurité nutritionnelle très préoccupante (SYNTHESE)
(Xinhua 22/09/17)

N'DJAMENA, (Xinhua) -- L'insécurité nutritionnelle au Tchad reste des plus préoccupantes et les besoins urgents toujours significatifs, s'inquiète le dernier rapport de l'ONG française Action contre la faim (ACF) qui appelle à améliorer la réponse humanitaire et à augmenter les financements.

En dépit des efforts considérables entrepris par le pays avec l'aide des partenaires techniques et financiers et de la communauté humanitaire, l'insécurité nutritionnelle continue de peser et constitue un frein majeur aux efforts du pays vers un développement socio-économique et humain durable.

Le taux de malnutrition chronique demeure particulièrement élevé dans ce pays d'Afrique centrale, avec une tendance à la stagnation entre 2014 (26%) et 2016 (26,2%), selon les différentes enquêtes réalisées par le gouvernement et ses partenaires.

En ce qui concerne la prévalence de la malnutrition globale, elle est assez élevée avec un taux national de 11,9% en 2016, indique le rapport d'ACF dont Xinhua a obtenu copie. Cette situation nutritionnelle est considérée comme sérieuse selon la classification de l'Organisation mondiale de la santé. Ce taux dépasse même le seuil d'urgence de 15% fixé par l'OMS dans six régions sur vingt-trois.

Les conséquences socio-économiques de la malnutrition sont majeures car selon l'Etude sur le coût de la faim (ECDF) 2016, les coûts annuels associés à la sous-nutrition chez l'enfant sont estimés à 575 milliards de francs CFA, soit 9,5% du PIB par an.

"Les besoins humanitaires restent toujours significatifs au Tchad", note le document. Plus de 4,7 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire, ce qui inclut 900.000 personnes en situation d'insécurité alimentaire en juin dernier. En date du 30 juin 2017, plus de 118.000 Tchadiens étaient en situation de déplacement interne. L'accès à l'eau et à l'assainissement continue d'être une priorité pour l'aide humanitaire au Tchad, avec 1,8 million de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable.

"Malgré ces besoins, l'accès humanitaire reste limité, d'une part, du fait de la récurrence des incidents sécuritaires et des opérations militaires, et, d'autre part, du fait des contraintes logistiques d'accès aux populations dans les îles, les zones insulaires et inondables", déplore ACF.

En plus, en lien avec les derniers développements militaro-sécuritaires, le Tchad doit également faire face à un accroissement des déplacements de populations en son sein ou avec les pays voisins, notamment dans la région du lac Tchad, et ACF s'attend à de nouvelles vagues de déplacements.

Malgré les besoins humanitaires présentés précédemment, le financement reste insuffisant. Le Plan de réponse humanitaire au Tchad 2017 est sous-financé, avec seulement 26,3% de financement au mois d'août 2017. Il y a donc un besoin urgent de fonds additionnels et complémentaires pour l'aide humanitaire.

Au Tchad, l'eau et l'assainissement, la sécurité alimentaire et la nutrition sont autant de secteurs qui restent massivement sous-financés. L'aide internationale doit continuer à répondre aux besoins des populations, qu'ils soient humanitaires ou de développement, et à avoir comme objectif l'éradication de la pauvreté.

ACF appelle les bailleurs de fonds à soutenir et choisir des projets qui intègrent la protection des civils, le respect du droit international humanitaire et des principes de protection transversale. Il faut aussi veiller à ce que l'aide soit distribuée selon les besoins et non selon le statut, que lon soit réfugié, déplacé interne, communauté hôte, etc.

Enfin, l'ONG exhorte tous les acteurs à augmenter de façon significative leur réponse aux besoins, en termes de services de bases urgents comme de programmes de développement de plus long terme. Les acteurs humanitaires doivent inclure dans tous leurs programmes des activités de soutien économique et social, ainsi que des activités d'accès aux moyens de subsistance pour prévenir la dépendance à l'aide et réduire les causes profondes de la crise.

Commentaires facebook