Samedi 18 Novembre 2017

Tchad : les conducteurs désorientés par la pénurie de carte grise et de permis de conduire

Tchad : les conducteurs désorientés par la pénurie de carte grise et de permis de conduire
(APA 14/11/17)

APA- N’Djamèna (Tchad) - Au Tchad, cela fait plus de quatre mois que les automobilistes ne peuvent plus renouveler leurs cartes grises et autres permis de conduire. De même, les nouveaux conducteurs n’en trouvent pas. Et pour cause, la fabrication de ces documents est momentanément suspendue

Aucune explication officielle n’a été avancée, mais sous couvert de l’anonymat une source proche des services d’immatriculation du ministère des Infrastructures, du désenclavement et des transports parle de panne de la machine spécialisée dans la fabrication des documents évoqués.

Rencontré dans les couloirs des services d’immigration, Hamid qui a du mal à comprendre cette situation difficile est sûre d’une chose : ce n’est pas demain la veille qu’il aura sa carte grise. Cela fait quatre ans que cet homme n’habitant pas N’Djamèna fait des va-et-vient entre sa localité et la capitale sans se voir délivrer le document tant recherché.

« Dites-moi si c’est impossible de l’avoir, je ne vais plus venir ici», a-t-il fini par lancer à l’endroit d’une jeune employée avant de s’en aller rageusement quand cette dernière, après vérification, est ressortie d’un bureau pour lui donner vaguement « un autre rendez-vous».

En partant, Hamid a laissé sur place plusieurs personnes en quête d’une carte grise, d’une fiche technique ou d’un permis de conduire. Comme Hamid, elles finiront par abdiquer et rentrer bredouilles chez eux.

Brandissant un papier faisant office de carte grise, cet homme s’écrie : «Regardez cette autorisation provisoire. On entre déjà dans les trois ans. Ce n’est pas normal !».

Vu qu’après les échanges houleux avec Hamid, la jeune femme qui l’avait reçu a abdiqué devant le flot des protestations en allant se réfugier dans l’un des nombreux bureaux des services d’immatriculation, un de ses collègues est venu servir de mur de lamentations.

Apparemment moins effarouché et plus jovial, il trouve pour chacun des requérants des mots rassurants, puis coche leurs noms sur un bout de papier qu’il promet de remettre ensuite au service informatique, le saint des saints où sont fabriqués les cartes grises et permis de conduire.

Une dizaine d’employés travaillent dans ce service où règne une ambiance bonne enfant. Chaque agent a sur son bureau une pile de fiches établies au nom des demandeurs de documents.

«Votre fiche est déjà enregistrée. La carte grise sera bientôt tirée. Patientez quelques jours encore», lance un agent à un individu parvenu à forcer les portes du service informatique.

Si tout se passe bien, c’est dans ce lieu qu’on tire les nouveaux documents. Hélas, depuis quatre mois, la machine ne fonctionne plus…

Pour les automobilistes comme Hamid, restés 3 ans à quatre sans avoir une carte grise, le problème est plus profond : l’Etat a résilié le contrat qu’il avait signé avec la Société de commerce général de construction et de transport Import/Export (SOGECT) qui avait en charge leurs dossiers.

Selon une source proche des services d’immatriculation, la SOGECT avait les moyens de confectionner à temps les documents des automobilistes à sa disposition, mais réagissant au divorce avec l’Etat elle a remis le tout au trésor public, mettant les autorités dans un grand embarras.

Ayant hérité d’un important nombre de demandes de nouvelles pièces, les services d’immatriculation essaient de faire à la situation, aggravée par la panne de sa machine.

Obligés de prendre leur mal en patience, certains motocyclistes renseignent avoir payé 10 500 FCFA pour la confection d’une carte grise contre 40 500 FCFA pour les propriétaires d’une petite voiture et 55 500 et 75. 000 FCFA pour respectivement les conducteurs d’un petit et grand camion. Les propriétaires des semi-remorques ou gros porteur payent, eux, 93 000 FCFA.

Après avoir payé pour un document derrière lequel ils ne cessent de courir, nombreux sont les conducteurs, au Tchad, à circuler avec des autorisations provisoires.

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