Mercredi 25 Avril 2018

Tchad : accord pour la fin de la grève générale des fonctionnaires

Tchad : accord pour la fin de la grève générale des fonctionnaires
(Xinhua 15/03/18)

Le gouvernement tchadien et les principales organisations syndicales du pays ont signé dans la nuit de mercredi à jeudi un accord qui met fin à la grève générale des fonctionnaires qui durait depuis 45 jours.

Après neuf heures de discussions, le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Mahamat Moctar Ali, et les leaders des quatre principales organisations syndicales sont parvenus à une sortie de crise. Par cet accord, dont Xinhua a obtenu une copie, le gouvernement s'engage à payer les salaires de février à tous les agents de l'Etat.

Le gouvernement avait jusqu'ici décidé de ne pas payer les salaires des grévistes, conformément à la loi. Le tiers des plus de 90.000 agents civils que compte l'Etat, n'avaient donc pas reçu leurs salaires. Ils seront finalement payés dans les prochains jours. Il a par ailleurs obtenu des établissements bancaires un moratoire de trois mois (février, mars et avril) sur les prêts contractés par les fonctionnaires auprès de ces institutions, selon l'accord.

Par ailleurs, il a décidé de supprimer le recensement de ses agents lancé lundi dernier pour contrecarrer les grévistes. Le gouvernement promet aussi de mener l'assainissement des régies financières, la mise à jour du fichier de la solde, ainsi que la réalisation du recensement des agents de l'Etat par le ministère de la Fonction publique, celui des Finances et l'Inspection générale de l'Etat avec la participation active des représentants syndicaux.

En retour, les syndicats ont décidé de suspendre la grève générale qui dure depuis un mois et demi et appelé à reprendre le travail après le paiement effectif de tous les fonctionnaires.

La Plateforme syndicale revendicative composée de l'Union des syndicats du Tchad (UST), le Syndicat national des enseignants-chercheurs du supérieur (SYNECS) et la Confédération indépendante des syndicats du Tchad (CIST) avait déclenché cette grève le 29 janvier dernier pour protester contre la politique d'austérité imposée par le gouvernement, marquée notamment par une coupe de 50% de toutes les indemnités et primes de tous les agents de l'Etat, une augmentation de 10% à 30% de l'impôt sur le revenu des personnes publiques (IRPP) ou encore une hausse des prix des carburants à la pompe.

Le mouvement a été suivi par toutes les organisations, dans tous les secteurs publics. Même la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), réputée proche du pouvoir, est entrée dans la danse, s'insurgeant contre les dispositions "suicidaires et appauvrissantes" de la loi de finances 2018.

Ainsi, tous les services de l'administration ont tourné au ralenti; les établissements scolaires, universitaires et sanitaires ont été à l'arrêt total sur tout le territoire, des manifestations d'élèves ont été réprimées ici et là, alors qu''une avalanche de réactions et de protestations de partis politiques et d'associations de la société civile ont lancé plusieurs appels à résister et à manifester.

L'accord précise que les parties prenantes "se pencheront sur le manque à gagner et la possibilité de remboursement après l'embellie" et à poursuivre le dialogue "en vue d'instaurer un climat social apaisé dans le pays". Il préconise également l'étude de toutes autres mesures pouvant être une alternative crédible à la réduction de 50% des indemnités des fonctionnaires, tout en permettant d'atteindre l'objectif de réduction de la masse salariale de 30 milliards de francs CFA (56,5 millions de dollars) exigé par le Fonds monétaire international (FMI).

Commentaires facebook