Mercredi 21 Février 2018

Grève générale au Tchad : la galère des malades

Grève générale au Tchad : la galère des malades
(APA 12/02/18)

APA-N’Djamèna (Tchad) - La grève générale au Tchad qui en est à sa troisième semaine se fait le plus sentir dans les hôpitaux, centres et districts de santé dont la majorité sont fermés, au grand dam des malades.

En ce lundi matin, l’Hôpital général de référence nationale de N’Djamèna (HGRN) n’a pas son ambiance habituelle dans la mesure où l’accès est strictement interdit à toutes personnes, sauf les malades admis en urgence et leurs accompagnateurs.

«Tous les malades en état critique étaient, systématiquement, orientés vers l’HGRN. Mais, depuis la fin du service minimum, les salles sont presque vides», témoigne, un vigile en faction aux services des urgences.

Les cas les plus poignants sont ceux des malades déjà hospitalisés. Une infirmière stagiaire confie à ce propos : «on évacue au fur et à mesure, les malades hospitalisés. Ceux qui arrivent, on ne les reçoit pas. Nos chefs sont passés à la vitesse supérieure pour obliger le gouvernement à revenir sur sa décision».

Ces dires sont corroborés par le spectacle des patients terrassés par des maladies et qui font le pied de grue devant les centres de santé et grands hôpitaux.

«J’ai amené mon enfant souffrant mais il n’y a personne pour nous recevoir. L’infirmier de garde que nous avons rencontré nous dit qu’il n’y a pas possibilité et qu’on peut chercher dans un cabinet privé», lance, presqu’en pleurs, une jeune femme.

Beaucoup de familles n’ont pas les moyens d’aller se faire consulter ou se soigner dans une clinique privée. «La simple consultation, payer un carnet de soin et aller voir le médecin vous coûte au minimum 4 000 FCFA. Comment, peut-on aller dans une clinique dans ces conditions ? Il est impossible. Nous allons voir mourir nos malades. Que Dieu nous en préserve», s’alarme un père de famille.

En désespoir de cause, beaucoup de ménages se rabattent sur l’automédication ou les vendeurs de médicaments par terre, appelés «docteur Djim» ou «docteur Choukou». Aux centres de santé situés dans les arrondissements, les stagiaires et secouristes, auscultent ceux qui insistent à avoir des soins.

En cette période de grève, le seul grand centre hospitalier qui fonctionne normalement est l’hôpital de l’Amitié Tchad Chine (HATC). Il ne respecte pas la grève à cause des conventions signées avec quelques partenaires.

Le personnel est souvent débordé par la sollicitation des patients, surtout les femmes en couches. «Chaque jour on prend en charge des femmes enceintes. A la fin de la semaine, nous avons pris en charge une femme enceinte qui a accouché de triplés par césarienne. Imaginez, si nous ne travaillions pas. On respecte le choix des grévistes, mais, parfois, le domaine de la santé est trop sensible», affirme un médecin.

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