Mercredi 23 Août 2017

Au Tchad, les indicateurs sont au rouge

Au Tchad, les indicateurs sont au rouge
(Dw-World 10/08/17)
Saleh Kebzabo, un leader de l'opposition tchadienne.

La crise post-électorale continue de plonger le Tchad dans une impasse socio-politique. Les activités tournent au ralenti dans tous les secteurs. Une conférence des partenaires financiers devrait se tenir à Paris.

"Dès qu’il y a un peu d’argent qui vient, il se volatilise très vite." (Saleh Kebzabo)
Le marasme socio-économique frappe le Tchad depuis la réélection d’Idris Deby en août dernier. Une réélection contestée par l’opposition et suivie dans le pays par une vague de protestations et de grèves des fonctionnaires dans plusieurs secteurs clés comme la santé et l’éducation. L’effondrement des prix du pétrole sur le marché international a sensiblement aussi affecté l’économie du Tchad, qui dépend en grande partie des revenus pétroliers.

D'où les espoirs que suscite cette conférence des bailleurs dont les retombées devraient profiter à toute la nation selon Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition."Lorsque les partenaires du Tchad vont se réunir, il faudra qu’il y ait de fortes conditionnalités dans l’utilisation des ressources qui vont nous être octroyées. Vous savez que le système de prédation au sommet de l'Etat est le système courant. Dès qu’il y a un peu d’argent qui vient, il se volatilise très vite. Il faut que cet argent soit destiné au peuple tchadien, qu’il revienne le Tchad dans son entièreté qui doit être aidé, et non pas un régime qui a mis a plat le pays comme aujourd’hui."
Et pour donner la chance au dialogue inclusif, estime toujours Saleh Kebzabo, il faut inévitablement se parler sans faux fuyant face aux maux qui gangrènent le pays, y compris les violations des libertés publiques. "Imaginez-vous que la démocratie au Tchad, consiste à interdire les réunions. Même dans les lieux privés. Pas de meeting, pas de marche pacifique. On vous envoie des gaz lacrymogènes ou des militaires avec des balles réelles qui vont tirer sur vous."
Des accusations que rejette en bloc Mahamat Zene Bada, coordonnateur de la Majorité présidentielle. Toutefois, cet acteur politique affirme que le forum national reste un cadre officiel pour des échanges sans tabou.

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