Jeudi 23 Novembre 2017

Tanzanie: une figure de l'opposition grièvement blessée par balles

Tanzanie: une figure de l'opposition grièvement blessée par balles
(AFP 07/09/17)
Le député tanzanien Tundu Lissu, numéro deux de l'opposition au Parlement et l'un des plus virulents critiques du président John Magufuli, a été grièvement blessé par balles jeudi lors d'une attaque à son domicile.

Le député tanzanien Tundu Lissu, numéro deux de l'opposition au Parlement et l'un des plus virulents critiques du président John Magufuli, a été grièvement blessé par balles jeudi lors d'une attaque à son domicile, a annoncé son parti, le Chadema.

"L'attaque a eu lieu à midi à sa résidence de Dodoma (la capitale administrative, dans le centre du pays, NDLR). Il a été grièvement blessé et transporté en urgence à l'hôpital régional de Dodoma", a indiqué dans un communiqué le Chadema, le principal parti d'opposition en Tanzanie.

L'agression a eu lieu juste après que M. Lissu eut participé à une session parlementaire, a ajouté le Chadema, qui a dit "condamner fermement cet acte" et "suivre de près la situation".

Également bâtonnier de l'ordre des avocats de son pays, M. Lissu a été arrêté au moins six fois depuis le début de l'année. Il est poursuivi pour "sédition" dans plusieurs affaires ouvertes devant les tribunaux.

Il avait été arrêté pour la dernière fois le 22 août pour "insulte au chef de l'Etat" John Magufuli et pour "propos séditieux", après avoir révélé la saisie au Canada d'un avion commercial acheté par la Tanzanie.

Il avait affirmé qu'un Bombardier Q400, acheté par le gouvernement pour la compagnie aérienne nationale Air Tanzania, était retenu au Canada en raison d'un litige avec une société canadienne qui réclame 38 millions de dollars à la Tanzanie (32 millions d'euros).

En juillet, M. Lissu avait été inculpé pour "discours de haine" et emprisonné, après avoir vertement critiqué M. Magufuli.

Lors d'une conférence de presse, il avait qualifié le président de "dictateur", l'accusant de vouloir museler l'opposition et d'avoir mis en place "un système basé sur le favoritisme, le népotisme, le tribalisme et le régionalisme".

Dénonçant les arrestations répétées de responsables du Chadema, M. Lissu avait également décrit un "climat de peur qui règne partout" et affirmé qu'"il est grand temps que nous élevions tous la voix".

Surnommé "Tingatinga" (bulldozer en swahili), le président Magufuli a marqué les esprits depuis sa prise de fonctions fin 2015 en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption.

Mais son style peu consensuel et abrupt lui vaut d'être qualifié d'autocrate et de populiste par ses détracteurs, alors que la liberté d'expression est de plus en plus réduite.

Des meetings de partis d'opposition ont été interdits, des journaux fermés, des journalistes et artistes molestés ou menacés de mort pour avoir critiqué la nouvelle administration.

Commentaires facebook