Lundi 23 Avril 2018

Tanzanie: selon le ministre des Finances, les 60% d’actions d’Airtel détenues par Bharti Airtel résultent d’une escroquerie

Tanzanie: selon le ministre des Finances, les 60% d’actions d’Airtel détenues par Bharti Airtel résultent d’une escroquerie
(Agence Ecofin 12/01/18)

Le titre d’actionnaire majoritaire que détient le groupe Bharti Airtel au sein de l’opérateur de téléphonie mobile Airtel Tanzanie, a été acquis illégalement. Telles sont les conclusions de l’enquête sur les procédures réglementaires qui ont entouré la prise de contrôle du second opérateur de téléphonie mobile du marché par le groupe télécoms indien, dévoilées par le président de la République de Tanzanie, John Magufuli (photo).

D’après le Chef de l’Etat dont les propos sont rapportés par Bloomberg, l’opération « a enfreint la loi, les règlements et la procédure ». A sa suite, le ministre des Finances, Philip Mpango, a ajouté : « Ce que nous avons vu était très horrible. En bref, notre pays a été escroqué et beaucoup d'argent a été perdu ».

Pour Bharti Airtel, son acquisition de 60% de la société qui est devenue Airtel Tanzanie, s’est fait conformément à la réglementation, et a d’ailleurs reçu toutes les approbations légales nécessaires. Le groupe télécoms indien a fait comprendre que la revendication de l’Etat qui porte sur les 25% d’actions qui ont conféré à Celtel le titre d’actionnaire majoritaire, il y a cinq ans, ne la concerne pas.

Pour comprendre le conflit dans lequel se retrouve embarqué Airtel Tanzanie, il faut remonter à 2001 lorsque l’Etat décide de privatiser partiellement l’opérateur historique Tanzania Telecommunications Corp (TTC). Celtel International et Detecon s’associent pour acquérir 35% de la compagnie publique.

En 2005, Celtel et Detecon, au regard du potentiel du marché télécoms local, décident avec l’accord du gouvernement, de se séparer de TTC pour former un nouvel opérateur dans lequel l’Etat détient toujours 65% de part, selon leur accord d’actionnariat initial.

Plus tard, le gouvernement qui a besoin d’argent, décidera de céder 25% de ses actions dans le nouvel opérateur à Celtel pour 28 millions de dollars. La société télécoms deviendra alors l’actionnaire majoritaire avec 60% de part contre 40% pour l’Etat tanzanien.

En septembre 2007, Zain rachète à Celtel ces 60% de part. Puis c’est au tour de Bharti Airtel de reprendre à Zain les mêmes actions en juin 2010.

Muriel Edjo

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