Vendredi 26 Mai 2017

La justice doit-elle entraver la liberté de la presse ?

Un journaliste et un avocat des droits de l'homme swazis ont été condamnés vendredi à deux ans de prison pour outrage à la cour après avoir publié des articles critiquant le gouvernement et le système judiciaire du Swaziland.

Thulani Maseko, membre de l'association des avocats des droits de l'homme du Swaziland, et Bheki Makhubu, rédacteur en chef de la revue politique The Nation, avaient été reconnus coupables la semaine dernière.

Les articles incriminés, publiés en février, critiquaient la détention pendant une semaine d'un inspecteur gouvernemental qui avait arrêté le conducteur d'une voiture officielle conduisant un juge sans les papiers requis. Ils suggéraient qu'il s'agissait d'un abus d'autorité.

En rendant la sentence vendredi, le juge Mpendulo Simelane a estimé que la peine de deux ans avait pour but de dissuader d'autres journalistes de faire de même.

"La peine que ce tribunal rend est censée avoir un effet dissuasif pour les personnes accusées, et surtout d'autres journalistes d'esprit qui partagent les mêmes avis dans ce pays", a-t-il déclaré.

Le juge a regretté que les journalistes prennent l'habitude d'écrire des articles "calomnieux" et "répréhensibles et inacceptables pour les membres sensés de la société".

En outre, a-t-il relevé, les deux accusés n'ont pas montré de remords au cours du procès.

En rendant sa sentence la semaine dernière, le juge Mpendulo Simelane avait estimé que la liberté d'expression n'était pas un droit absolu. "Les accusés ont écrit que le Swaziland était sans loi et que la justice était corrompue. (...) Les journalistes pensent que leur plume leur donne le droit d'écrire n'importe quoi, au prétexte de la liberté d'expression", avait-il accusé.

Le juge a aussi estimé vendredi que le comportement de Me Maseko avait été "dégoûtant", l'avocat s'étant servi du tribunal pour critiquer la monarchie swazie. Il est "une honte pour la profession", a-t-il lancé.

Reprenant le plus célèbre slogan de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud voisine, Thulani Maseko a lancé "Amandla!" (le pouvoir) depuis le box des accusés, ce à quoi des amis politiques présents dans la salle ont répondu "awethu!" (est à nous).

Les médias du Swaziland travaillent sous des règles très strictes qui interdisent de critiquer le roi Mswati III, le dernier monarque absolu d'Afrique, et son gouvernement.
- See more at: http://fr.africatime.com/swaziland/articles/swaziland-un-journaliste-et-...

Commentaires facebook