Dimanche 22 Avril 2018

« En dix ans, la diplomatie chinoise a visité la quasi-totalité des pays africains »

« En dix ans, la diplomatie chinoise a visité la quasi-totalité des pays africains »
(Le Monde 20/02/18)
Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, à Pékin, le 8 février 2018.

En Chine, rien ne remplace le guanxi (le réseau) : des liens interpersonnels qui régissent aussi bien les rapports amicaux que les relations dans les affaires et la politique. La confiance vient du guanxi et, pour cela, il faut se rencontrer.
Ainsi fonctionne, aussi, la diplomatie chinoise. Avec 79 visites dans 43 pays d’Afrique en dix ans, le pays est particulièrement actif sur le continent. « La Chine attache beaucoup d’importance aux relations personnelles et à ces rencontres en face à face. Elle est le seul pays à avoir instauré ce principe de visites aussi régulières et nombreuses », explique Hannah Ryder, ancienne diplomate de l’ONU et directrice à Pékin du cabinet de consultant Development Reimagined. En reprenant le fil de ces tournées, elle propose une carte originale et surprenante de la Chine-Afrique basée sur ce guanxi.

Dans le top 5 des pays les plus visités, on trouve, sans surprise, l’Afrique du Sud, premier partenaire de la Chine en Afrique ; mais aussi des pays de moindre poids, comme la Tanzanie ou la Zambie, l’objectif étant d’avoir des contacts personnels avec un maximum de chefs d’Etat. La quasi-totalité du continent a ainsi été visitée, à l’exception du Swaziland et du Burkina Faso, qui préfèrent entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan, ou de la Libye, de la Somalie et du Soudan du Sud, pour des raisons de sécurité.

« Toutes les sphères linguistiques »
Cette année, fidèle à la tradition, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, s’est rendu dans quatre pays : le Rwanda, l’Angola, le Gabon et Sao Tomé-et-Principe. « C’est un choix pragmatique, analyse Hannah Ryder. Sao Tomé a renoué en décembre 2016 ses relations diplomatiques avec Pékin, c’est donc une visite politique. Pour le Gabon, c’est la volonté de mieux se connaître, car le pays est un nouveau venu dans la sphère d’influence de la Chine. Pour l’Angola, c’est plus une question économique, avec des projets d’ouverture de zones spéciales. Il est intéressant de voir que toutes les sphères linguistiques sont couvertes. »

« Les ministres chinois des affaires étrangères ont toujours choisi l’Afrique en tant que premier déplacement pour la nouvelle année, et cela depuis vingt-huit ans, explique Lu Kang, porte-parole du ministère. La poursuite de cette tradition montre que la Chine porte une grande attention aux relations avec l’Afrique. Il s’agit de promouvoir la confiance mutuelle, de renforcer une coopération bénéfique à tous et de préparer le Forum sur la coopération sino-africaine [Focac], qui sera organisé cette année par la Chine. »

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