Jeudi 23 Novembre 2017

Soudan du Sud : « les profiteurs de guerre doivent payer le prix fort »

Soudan du Sud : « les profiteurs de guerre doivent payer le prix fort »
(Le Monde 31/08/17)
Des soldats soudanais.

Selon le chercheur Ruben de Koning, il faut prendre des mesures contre les entreprises, les banques et les Etats qui permettent aux responsables de violences de s’enrichir.
Malek Reuben Riak, puissant général sud-soudanais, est impliqué dans la planification et l’exécution d’une des opérations militaires les plus violentes de la guerre civile actuelle – c’est son travail quotidien. Mais le général Riak est aussi un homme d’affaires qui a fait fortune grâce à ses sociétés de logistique qui prospèrent dans un climat chaotique. L’une d’entre elles, Mak International Services, vend des explosifs fournis par l’armée sud-soudanaise à des sociétés minières étrangères.

Alors que le salaire annuel du général Riak est estimé à 40 000 dollars (environ 33 000 euros), des documents recueillis par The Sentry montrent que 3 millions de dollars provenant de gains illicites ont transité par la Kenya Commercial Bank (KCB). En outre, l’homme possède des biens immobiliers en Ouganda.

Malek Reuben Riak est l’illustration parfaite du profiteur de guerre. Il contribue à alimenter et à entretenir les violences au Soudan du Sud. La guerre civile a débuté en 2013 et a repris l’année dernière après l’échec d’un accord de paix. Plus de 2 millions de personnes ont été contraintes de fuir le pays et autant d’habitants ont été déplacés à l’intérieur des frontières. Depuis le début des hostilités, le nombre de morts demeure incalculable.

Pour mettre un terme à la guerre, les individus tels que le général Riak devraient payer le prix fort pour leur rôle dans le financement des violences. A défaut, leurs motivations et modes opératoires se poursuivront.
L’exemple de la RDC

La France, le Royaume-Uni et, plus généralement, l’Union européenne (UE) devraient prendre des mesures efficaces pour stopper ces profiteurs de guerre. Pour l’UE, cela consisterait à imposer des sanctions ciblées à l’encontre des individus et de leurs réseaux ainsi que des pressions financières sur les dirigeants sud-soudanais responsables des violences et sur les sociétés qu’ils possèdent ou qu’ils contrôlent.

Les sanctions de l’UE sont nécessaires parce que les Nations unies ont échoué jusqu’ici à agir. A New York, aucun des membres du Conseil de sécurité ne se positionne comme leader sur le cas du Soudan du Sud. Seuls six commandants de rang intermédiaire ont été sanctionnés depuis mai 2015, date à laquelle le régime actuel de sanctions des Nations unies est entré en vigueur. Les individus les plus corrompus et les plus impliqués dans les atrocités restent cependant libres de poursuivre leurs affaires et de profiter des fruits de leurs crimes.
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