Vendredi 22 Septembre 2017

Soudan du Sud – Gérard Prunier : « Il faut organiser une rencontre nationale à l’étranger »

Soudan du Sud – Gérard Prunier : « Il faut organiser une rencontre nationale à l’étranger »
(Jeune Afrique 30/08/17)
Un soldat soudanais.

Sceptique sur le fait de qualifier la situation sud-soudanaise de "génocidaire", l'historien français n'est est pas moins inquiet et appelle à une rencontre engageant Salva Kiir et son principal opposant Riek Machar.

L’historien français Gérard Prunier, auteur de plusieurs ouvrages en français et en anglais sur les conflits africains, donne son point de vue sur la situation au Soudan du Sud. Pour lui, la solution à la guerre ne peut être que politique et passe par une rencontre élargie. Interview.
Des experts de l’ONU évoquent des signaux de « génocide imminent » au Soudan du Sud. Êtes-vous d’accord avec cette analyse ?

Je ne crois pas qu’on puisse parler de génocide. Il n’y a pas, je crois, de machine génocidaire qui soit lancée aujourd’hui au Soudan du Sud, et ce même si les massacres prennent des tournures effrayantes. Ce qui se passe est en vérité très étonnant. Aujourd’hui, derrière Salva Kiir, des Dinkas se regroupent pour s’assurer un monopole sur l’armée et sur le Mouvement populaire de libération du Soudan. Dès qu’un groupe semble pouvoir les concurrencer, c’est-à-dire dès qu’il dépasse les 200 ou 300 000 membres et dispose de potentiels cadres politiques ou militaires, ils se retournent contre lui pour l’affaiblir, l’intimider. Les Nuers sont les premiers à en faire les frais. Les Kukus, qui ne sont pas très nombreux, 150 000 tout au plus, risquent par exemple bien moins. Il y a bien une quête d’hégémonie, mais par forcément de volonté de génocide.

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