Vendredi 20 Avril 2018

Soudan du Sud: des experts de l'ONU "perturbés" par les atrocités

Soudan du Sud: des experts de l'ONU "perturbés" par les atrocités
(AFP 22/12/17)
Andrew Clapham.

Des experts en droits de l'Homme de l'ONU se sont dits vendredi "profondément perturbés" par les atrocités commises par toutes les parties en guerre au Soudan du Sud et ont réclamé que les coupables soient traduits en justice.

Une délégation du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme a passé 12 jours dans le pays, dévasté par une guerre civile longue de quatre ans et qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Elle a entendu des victimes évoquer de cruelles scènes de tortures, meurtres, enlèvements de femmes et enfants, et violences sexuelles.

"Nous sommes profondément perturbés par ce que nous avons vu et entendu pendant notre visite. La misère et l'étendue des violences sexuelles sont difficiles à décrire, les gens sont ciblés et souffrent juste pour être ce qu'ils sont", a déclaré dans un communiqué l'un de ces experts, Andrew Clapham.

Cette déclaration intervient au lendemain de la signature à Addis Abeba d'un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et les principaux groupes rebelles, qui entrera en vigueur le 24 décembre et est perçu comme un préalable indispensable à la relance du processus de paix.

La chef de la délégation de l'ONU, Yasmin Sooka, a accueilli avec satisfaction ce cessez-le-feu. Mais elle reste "très inquiète que personne ne soit tenu de rendre de comptes pour les crimes graves, ce qui nourrit l'impunité dans tout le pays".

"Ceux qui sont responsables de cette guerre contre les civils doivent être arrêtés" et "ceux qui commettent ces actes horribles traduits devant la justice", a-t-elle plaidé.

Dans la ville de Wau (nord-ouest), une veuve, âgée de 89 ans, a raconté comment son époux et ses deux fils avaient été abattus sous ses yeux. Une autre femme, âgée de 60 ans, a expliqué avoir été violée par plusieurs soldats et laissée pour morte.

La délégation a également entendu des témoignages sur des jeunes hommes violés en bande ou forcés à abuser de proches devant leur famille.

"Ceux qui commettent ces crimes semblent avoir l'intention de briser toutes les normes sociales, ce qui a pour effet de détruire les sociétés", a ajouté Mme Sooka.

Les experts de l'ONU rendront un rapport complet sur leur enquête en mars 2018.

La guerre civile au Soudan du Sud a été déclenchée en décembre 2013, deux ans et demi après l'indépendance du pays. Elle a fait des dizaines de milliers de morts, près de 4 millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

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