Jeudi 22 Juin 2017

"L’IGAD a trahit le Soudan du Sud" dixit Riek Machar

"L’IGAD a trahit le Soudan du Sud" dixit Riek Machar
(APA 31/03/17)
Riek Machar, chef rebelle par ailleurs ancien vice-président du Soudan du Sud.

Riek Machar, le chef de l’opposition armée, a accusé l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) d’avoir trahi le Soudan du Sud dans sa quête d’une paix durable.

L’ancien vice-président, qui vit dans la clandestinité après une tentative ratée d’instaurer un partage du pouvoir avec le président Salva Kiir, a publié jeudi un communiqué dans lequel il exprime une « déception profonde » face à la position de l’IGAD.

Il a affirmé que l’Autorité prenait parti, pointant du doigt le processus de paix bloqué et le retour au conflit dans le pays.

Lors d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement tenu dans la capitale kényane, Nairobi, l’IGAD qui, il y a deux ans, avait négocié un accord de paix entre Kiir et Machar, a dénoncé la propagation de groupes armés dans le pays et indexé le chef rebelle comme étant le responsable.

L’autorité a notamment évoqué la détermination du président Salva Kiir à déclarer un cessez-le-feu unilatéral, une déclaration qui a été condamnée par le groupe rebelle.

Machar a qualifié de regrettable le fait que « l’IGAD abandonne sa responsabilité de poursuivre ses efforts sérieux vers la paix ».

L’IGAD, en tant que médiateur de l’accord de 2015, refuse toujours de reconnaître son échec après la crise du 8 juillet 2016 dans la capitale, Juba, après des jours de combat, Machar avait été obligé d’abandonner sa position de vice-président et de se cacher, poursuit le communiqué.

Le document cite une équipe d’experts onusiens qui tiennent le président Salva Kiir pour responsable de la dernière rupture du processus de paix et du retour éventuel du conflit qui a tué des dizaines de milliers et déplacé plus de deux millions de personnes depuis l’éclatement des premiers coups de feu en décembre 2013.

« L’IGAD n’a pas condamné cela et n’a pas rappelé à Kiir sa responsabilité de mettre un terme aux violences, mais a plutôt décidé d’isoler l’opposition et de continuer à travailler avec le régime à Juba », note le document.

Le chef de l’opposition a condamné la prolifération des groupes armés au Soudan du Sud pour ce qu’il appelle une guerre présumée du gouvernement contre des civils basés sur l’ethnicité.

A moins que l’IGAD n’adopte une approche différente pour négocier avec le régime à Juba, le gouvernement du président Kiir continuera à agir impunément et à provoquer la colère des sud-soudanais, a-t-il averti.

L’IGAD et Juba n’ont fait aucun commentaire sur cette sortie de Machar.

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