Jeudi 17 Août 2017

Le Soudan du Sud vacille au bord du génocide, selon l'ONU

Le Soudan du Sud vacille au bord du génocide, selon l'ONU
(The Associated Press 09/03/17)
Antonio Gutierrez, Sg de l'ONU.

L'enquête menée pendant sept mois par la Commission des droits de la personne des Nations unies est la plus complète jamais réalisée au Soudan du Sud concernant le nettoyage ethnique et une situation qui pourrait mener à un génocide dans ce pays déchiré par la guerre civile, selon des dirigeants onusiens.

Le rapport détaille notamment les bombardements délibérés de civils et la famine. Il décrit également le recours au discours haineux par plusieurs dirigeants, dont le président Salva Kiir.

Le document affirme que les crimes ont principalement été commis par l'armée gouvernementale, des membres des forces nationales de sécurité, des policiers et des milices affiliées au gouvernement.

Le Soudan du Sud a plongé dans la guerre civile en décembre 2013, deux ans à peine après avoir obtenu son indépendance du Soudan. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et environ 1,5 million de réfugiés ont fui vers les pays voisins.

L'ONU estime qu'environ un million de personnes sont menacées par la faim. Le document prévient que les restrictions imposées par le Soudan du Sud à l'aide humanitaire sont « illégales » et que la « politique "de la terre brûlée" correspond possiblement à une famine délibérée, ce qui est interdit comme méthode de guerre par le droit international. »

Les membres des ethnies shilluk et nuer seraient particulièrement victimisés par les forces gouvernementales, qui appartiennent principalement à l'ethnie dinka. Un village shilluk aurait ainsi été bombardé si intensément que ses 20 000 habitants auraient décidé de l'abandonner.

Le document dénonce enfin le recours au viol et affirme que des femmes qui ont été privées de soins médicaux essentiels après avoir été grièvement blessées pendant les agressions.

Une survivante a décrit aux enquêteurs le sort d'une femme qui a supplié ses agresseurs de la tuer au lieu de la violer. Les soldats l'auraient violée, puis mutilée sexuellement avant de l'abandonner à son sort pour la punir d'avoir été « têtue ».

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