Vendredi 22 Septembre 2017

Le Soudan du Sud assure que le journaliste américain tué n'était pas "visé"

Le Soudan du Sud assure que le journaliste américain tué n'était pas "visé"
(AFP 30/08/17)
Des soldats soudanais.

Le gouvernement sud-soudanais a organisé une conférence de presse mercredi pour se défendre d'être responsable de la mort d'un journaliste américain, tué samedi par l'armée sud-soudanaise alors qu'il couvrait des combats entre troupes gouvernementales et rebelles.

Christopher Allen, un journaliste et photographe indépendant de 26 ans, a reçu une balle dans la tête alors qu'il accompagnait ("embedded") les rebelles dans la ville de Kaya, à l'extrême sud, à la frontière avec l'Ouganda et la République démocratique du Congo. L'affrontement a fait 18 autres victimes, 15 rebelles et 3 soldats, selon l'armée sud-soudanaise.

"Christopher Allen n'a pas été visé", a déclaré le ministre de l'Information Michael Makuei, qui a démenti les accusations selon lesquelles le journaliste avait été délibérément pris pour cible par l'armée gouvernementale. "Mais toute personne qui se trouve dans le camp opposé est généralement une cible".

"Rien n'indiquait qu'il était un journaliste", a poursuivi M. Makuei, tout en assurant que si M. Allen couvrait "les activités des rebelles, alors, il était clairement un rebelle".

Christopher Allen travaillait pour plusieurs médias internationaux, dont Al Jazeera, The Telegraph, Vice News ou The Independent. Il était arrivé récemment au Soudan du Sud après avoir longuement couvert le conflit en Ukraine.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud est en proie depuis 2013 à une guerre civile marquée par de nombreux meurtres, viols et tortures, alors que le gouvernement restreint de plus en plus l'accès au pays aux journalistes voulant couvrir le conflit.

Le ministre de l'Information a assuré mercredi que le gouvernement avait refusé un visa à M. Allen en raison "de sa couverture (journalistique) hostile" du conflit, et qu'il était donc entré "illégalement" au Soudan du Sud. L'AFP n'a trouvé sur internet aucun article ou image de M. Allen sur le conflit au Soudan du Sud.

"Si Allen est entré dans le pays illégalement, c'est un criminel", a soutenu M. Makuei. "S'il n'était pas mort, nous l'aurions appréhendé et traduit en justice", a-t-il dit, avant d'ajouter: "c'est malheureux, nous regrettons sa mort".

Le porte-parole de la rébellion, le colonel Paul Lam Gabriel, a lui contesté la version des événements fournies par le gouvernement et assure que M. Allen portait un sigle "PRESSE" sur ses vêtements ainsi qu'un appareil photo lorsqu'il a été tué. "Allen a été visé, la personne qui l'a tué l'a très clairement vu".

Mardi, le corps du journaliste a été remis à des responsables de l'ambassade américaine.

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