Vendredi 22 Septembre 2017

Le Soudan gracie un défenseur des droits de l'Homme jugé pour espionnage

Le Soudan gracie un défenseur des droits de l'Homme jugé pour espionnage
(AFP 30/08/17)

Le président soudanais Omar el-Béchir a émis mardi un décret graciant un éminent défenseur des droits de l'Homme jugé pour espionnage au profit d'ambassades, a rapporté un média d’État.

Moudawi Ibrahim Adam, professeur d'ingénierie à l'Université de Khartoum, avait été arrêté en décembre dans le cadre d'une campagne de répression visant des militants et des responsables de l'opposition.

La capitale était alors le théâtre de manifestations contre une décision gouvernementale de baisser les subventions sur les prix des carburants.

A son procès, toujours en cours, M. Adam était accusé d'avoir mené des activités d'espionnage au profit d'ambassades étrangères en contrepartie d'argent et d'avoir écrit que les forces de sécurité avaient fait usage d'armes chimiques dans des conflits au Soudan.

Il encourait la peine de mort.

Mais M. Béchir, lui-même visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a émis un décret graciant M. Adam et cinq autres militants des droits de l'Homme, selon l'agence de presse officielle soudanaise Suna.

Quelques heures plus tard, M. Adam était libéré.

"Il vient d'arriver à la maison et il est en bonne santé", a affirmé sa femme Sabah Adam à l'AFP.

En septembre, l'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International avait affirmé que les forces soudanaises avaient procédé à une trentaine d'attaques chimiques dans une région montagneuse du Darfour (ouest du Soudan), tuant plus de 200 personnes, dont plusieurs enfants. Les autorités soudanaises ont fermement nié ces accusations.

Le Darfour est le théâtre d'un conflit sanglant depuis 2003, quand des insurgés issus de minorités ethniques ont pris les armes contre le pouvoir de Khartoum, aux mains de la majorité arabe.

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