Mardi 23 Janvier 2018

Soudan: six quotidiens qui critiquaient la hausse des prix saisis

Soudan: six quotidiens qui critiquaient la hausse des prix saisis
(AFP 08/01/18)
Un vendeur de journaux au Soudan

Les exemplaires de six quotidiens critiquant la récente envolée des prix du pain ont été saisis par les autorités dimanche au Soudan, ont affirmé les responsables éditoriaux de ces journaux.

Des membres du puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) ont saisi l'intégralité des exemplaires des quotidiens Al-Tayar, Al-Mustaqilla, Al-Karar, Al-Midan, Al-Assayha et Akhbar Al-Watan, a-t-on indiqué de mêmes sources.

"Aucun motif n'a été communiqué (...) mais je pense que cela est dû à notre couverture sans filtre de la hausse des prix", a dit à l'AFP Hanadi Al-Sidiq, rédacteur en chef d'Akhbar Al-Watan, un des principaux quotidiens de l'opposition, avec Al-Midan.

Les quatre autres parutions visées sont considérées comme des journaux indépendants faisant état des critiques des opposants au régime du président Omar el-Béchir.

Le récent doublement des prix du pain, consécutif à la décision du gouvernement de confier les importations céréalières au secteur privé, a suscité un vif mécontentement au sein de la population.

Une manifestation d'étudiants a été dispersée à l'aide de gaz lacrymogène samedi à Sennar, dans le centre, et les partis d'opposition ont appelé à des rassemblements dimanche dans tout le pays.

Le Soudan avait été le théâtre en 2016 d'un mouvement de protestation après la décision des autorités de réduire les subventions sur le carburant, mesure qui avait entraîné une forte hausse des prix.

Le régime avait rapidement réprimé ce mouvement afin de ne pas voir se reproduire les heurts sanglants de 2013, déjà liés à une précédente réduction des subventions sur l'essence, qui avaient fait des dizaines de morts.

La presse soudanaise est souvent l'objet de mesures punitives de la part des autorités, et le pays figure de longue date en bas de classement en matière de respect de la liberté de la presse.

Au pouvoir depuis 1989, Omar el-Béchir est sous le coup de deux mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

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