Vendredi 22 Septembre 2017

Réfugiés: du Soudan au Festival du film de Groix

Réfugiés: du Soudan au Festival du film de Groix
(Le Télégramme 26/08/17)

Au Festival international du film insulaire de Groix (Fifig), Omar et Moustafa ne sont pas des bénévoles comme les autres. Demandeurs d'asile originaires du Soudan, ils passent leurs vacances sur l'île, en attendant des jours meilleurs. Tous les matins, Omar et Moustafa préparent, avec d'autres bénévoles, les centaines de repas nécessaires pour nourrir les festivaliers, présents durant cinq jours sur le site de Port-Lay, à Groix. Avec leurs sourires et leur enthousiasme, ils n'ont pas mis longtemps avant de se faire apprécier de tous. Pourtant, avant d'atterrir à Groix, les deux jeunes hommes ont dû quitter leurs familles et leur pays, le Soudan. Simplement pour survivre.

Soudan, mon pays

Après avoir traversé l'Afrique, la Méditerranée et la Sicile, Omar arrive le 1e r septembre 2015 à Nice. Puis, direction Marseille, Paris et, comme bon nombre de ses compatriotes, la jungle de Calais. « Je ne voulais pas rejoindre l'Angleterre, c'était juste plus simple de trouver des gens qui parlaient ma langue et je savais que c'était un point de départ pour faire une demande d'asile », explique t-il. Sans parler un mot de français, le soudanais, aujourd'hui âgé de 24 ans, est pris en charge par l'association Coallia, avant d'être conduit dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asiles (Cada) à Lorient, le 31 mai 2016. Là, commence pour lui le parcours du combattant. Sa procédure devant l'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides), visant à obtenir son statut de réfugié, lui est refusé. À l'aide d'un avocat, Omar fait alors appel devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), où il attend désormais une nouvelle convocation.

Mais le jeune réfugié ne reste pas les bras croisés. Cours de français, CAP menuiserie et implication cet été, en tant que bénévole, au sein de l'événement. « Un ami m'a parlé du Fifig et j'avais envie de m'impliquer. J'ai proposé à Moustafa de m'accompagner et il a accepté ». Et coïncidence ou non, leurs histoires résonnent avec les thématiques du festival : la défense des identités, des territoires et le déracinement. « Mon pays me manque, un jour j'aimerais y retourner. Mais c'était se faire tuer ou partir. Quand on vous menace avec des pistolets quotidiennement, un moment, ce n'est plus possible », déclare, la gorge serrée, Omar.

L'espoir d'une nouvelle vie
Aujourd'hui, ils tentent de se construire une nouvelle vie. Moustafa, arrivé en France il y a huit mois, poursuit l'apprentissage de la langue. L'an prochain, Omar souhaiterait intégrer la fac. Mais difficile d'avancer sans un statut officiel et un passé qui revient le hanter chaque soir. « Il y a des choses que je ne peux pas dire... Je fais toujours des cauchemars et j'espère qu'un jour ils prendront fin. Aujourd'hui, j'ai de l'espoir ». En attendant, Moustafa et Omar profitent chaque jour du Fifig pour faire des rencontres, et regarder, au-delà de la mer, un nouvel horizon.

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