Vendredi 24 Novembre 2017

Réfugié politique à Aurillac, Waleed Makram a fui les persécutions du régime soudanais

Réfugié politique à Aurillac, Waleed Makram a fui les persécutions du régime soudanais
(La Montagne 18/08/17)

L’ancien chef marketing Waleed Makram a été forcé de quitter sa vie et ses possessions, harcelé par le régime soudanais, qui réprimait les chrétiens du Sud Soudan.
Les images défilent sur la télévision extra-large. Khartoum, capitale du Soudan. Nil Blanc, Nil Bleu, centres commerciaux flambant neufs. « Regarde, c'était ma maison. » Waleed Makram pointe l'écran. Une luxueuse résidence avec piscine.

À 8.214 kilomètres, Aurillac. Le refuge de Waleed, sa femme et ses trois enfants. L'ancien chef marketing est en exil. Il laisse derrière lui sa carrière, ses possessions. Et les persécutions du gouvernement d'Omar al Bashir.

Fuir. Se réinventer. Mais ne pas se renier. Ne pas oublier. L'église, par exemple. La source de ses maux, mais également ce qui l'a sauvé. Jusqu'en 2011, Waleed la fréquentait rarement. Mais il tombe malade. L'hôpital, la paralysie, les docteurs… Et puis un prêche, qui l'a fait basculer : « Les mots du prêtre m'ont touché droit au cœur. La maladie, l'espoir, la guérison… L'homme dont il parlait, c'était moi ! » Finalement, il guérit. Et il remercie.

Ruser pour éviter les milices religieuses

En parallèle de son activité professionnelle, Waleed s'investit alors dans la vie de sa paroisse, à Khartoum. Il fréquente les prisons, consacre son temps à la réinsertion des chrétiens incarcérés, contourne les lois pour leur apporter un soutien matériel et financier : « Il fallait ruser pour éviter le contrôle des milices religieuses : l'église ne pouvait pas les aider en son nom car elle risquait des représailles. »

Au même moment, en janvier 2011, le Sud Soudan proclame son indépendance par voie de référendum. Le gouvernement du Soudan, lui, renforce la charia. « C'est une loi de musulmans pour les musulmans, pourquoi tu veux me contrôler, moi ? ! », lance Waleed. Seul le regard paisible des santons de la crèche, qui trône au-dessus de sa télévision, lui répondra.

La répression des chrétiens s'organise. Waleed aussi. Début 2012, il part neuf mois. En voyage d'affaires, officiellement. Kenya, Éthiopie… Jusqu'à Djouba, capitale du Sud Soudan. C'est là que son voyage prend une autre couleur. Plus engagée. Entouré de quelques amis de l'Église de la fraternité sud soudanaise, il construit un camp pour les réfugiés du conflit intersoudanais. Le nord bombarde alors les champs de pétrole du sud. Les réfugiés affluent. Waleed les héberge, les aide à retrouver leur famille. Ironie du sort, moins d'un an après, il se retrouvera dans leur situation.

Retour à Khartoum, en octobre 2012. À l'aéroport, les autorités. L'interrogatoire. L'incarcération. Et puis, finalement, l'interdiction de quitter le territoire.

Menacé à 8.000 km de chez lui

La roue va tourner. Après avoir aidé, Waleed reçoit l'aide de l'ambassade du Canada. Avec le soutien d'Human Right Watch et de sa paroisse, elle organise son évasion avec sa famille. Khartoum - Bahreïn. Bahreïn - Paris. Raison officielle ? Voyage d'affaires pour un salon de tourisme. Ils ne reviendront jamais.

Trois mois à Lyon dans un T4 avec 50 autres réfugiés soudanais. Un autre séjour dans un hôtel miteux. Waleed vit mal sa situation : « J'ai commencé à être agressif sur les réseaux sociaux, à insulter le gouvernement soudanais. J'avais la rage », se souvient-il. La réaction ne tarde pas. Les appels pleuvent sur son portable. Les menaces aussi.

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