Vendredi 20 Avril 2018

Anwar et les chantiers d’insertion : travailler le jour pour ne pas gamberger la nuit

Anwar et les chantiers d’insertion : travailler le jour pour ne pas gamberger la nuit
(Le Monde 08/01/18)

Il y a peine trois mois, Anwar arpentait les rues de Vichy sur un vélo Peugeot rafistolé. Aujourd’hui, il a troqué sa vieille bicyclette contre un vélo de course flambant neuf. A l’époque, ce jeune Soudanais tuait ses après-midi sur les ordinateurs de la bibliothèque municipale. Il avait l’air soucieux. A présent, ses journées sont bien remplies et son visage barré d’un sourire franc traduit un certain apaisement.
Travailler, s’occuper, c’est un peu comme quand il fait du vélo : s’il arrête de pédaler, il tombe. Alors, quand il a reçu un retour positif pour intégrer un chantier d’insertion, il n’a pas hésité une seconde. Lorsque nous l’avions rencontré en septembre 2017, il se rendait à une réunion d’information pour en intégrer un. Dans l’ancienne usine d’embouteillage des eaux de Vichy, située à deux pas de la gare et reconvertie depuis 2008 en pôle tertiaire, une trentaine de personnes – surtout des hommes – attendaient patiemment pour signer la feuille d’émargement.

« Les ateliers et chantiers d’insertion proposent un accompagnement et une activité professionnelle aux personnes sans emploi rencontrant des difficultés, alors il faudra nous parler de vos problèmes, on vous accompagnera ensuite dans vos projets professionnels », expliquait alors le référent Pôle emploi en guise d’introduction. Collecte de vêtements, réparation de voitures dans un garage solidaire, recyclage de palettes en bois pour les entreprises ou de matériel électroménager récupéré en déchetteries, plusieurs chantiers d’insertion étaient proposés par quatre associations.

Le chemin de l’emploi
Alors que la réunion se terminait, Anwar semblait légèrement perplexe. Les activités proposées ne l’emballaient pas vraiment. S’il avait pu choisir, il aurait préféré travailler dans la mécanique. Mais le chantier du garage solidaire était déjà plein, alors il a pris ce qu’on lui donnait. « Au Soudan, j’ai étudié la littérature pendant trois ans et j’ai des compétences en maintenance informatique, racontait-il. Dans un premier temps, je suis prêt à faire n’importe quoi mais j’aimerais vraiment reprendre des études. »

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