Samedi 16 Décembre 2017

Présidentielle 2015 : Bozizé doit-il être candidat ?

L'ex-président centrafricain François Bozizé, renversé en mars 2013 par une rébellion, a déposé sa candidature pour la présidentielle prévue le 27 décembre, a annoncé lundi à l'AFP le secrétaire général de son parti le Kwa Na Kwa (KNK), Bertin Béa.

En l'absence de l'ancien président de 69 ans, qui vit désormais en exil en Afrique, "j'ai reçu mandat pour aller déposer son dossier vendredi dernier", date limite de dépôt des candidatures, a expliqué M. Béa.

"Nous pensons que François Bozizé a toujours un rôle à jouer au niveau national. Le pape (qui a achevé une visite en Centrafrique lundi) a parlé de pardon, de réconciliation, donc il faut impliquer tous les enfants du pays", a plaidé le secrétaire général du KNK.

Interrogé sur les sanctions internationales susceptibles d'empêcher l'ancien président de se présenter, M. Béa a estimé qu'"il y a un temps pour la réconciliation, et un temps pour la justice, il sera temps de penser à la justice, dans deux ou trois ans".

Il a rappelé que M. Bozizé "bénéficie de la présomption d'innocence" tant qu'aucun procès n'a eu lieu.

En août, le gouvernement avait toutefois estimé que les sanctions de l'ONU - interdiction de déplacements - et le mandat d'arrêt international lancé à son encontre en mai 2013 étaient "des obstacles" à une candidature de l'ancien homme fort de Bangui.

Contacté par téléphone, Julius Ngouadé Baba, le rapporteur général de l'Autorité nationale des élections (ANE) a confirmé que la candidature de François Bozizé avait été enregistrée.

L'ANE a huit jours pour examiner et valider les candidatures, avant de transmettre les dossiers acceptés à la Cour Constitutionnelle de transition, selon le rapporteur général.

Après de multiples reports liés aux difficultés d'organisation et à l'insécurité dans le pays, les autorités de transition ont fixé sous la pression internationale le premier tour des élections législatives et présidentielle au 27 décembre.

Le général François Bozizé avait pris le pouvoir par la force en 2003. Il a été chassé du pouvoir 10 ans plus tard, le 24 mars 2013, par une rébellion à dominante musulmane venue du nord, la Séléka, accusée de nombreuses exactions qui plongent le pays dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960.

En réaction, des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka se sont créées, commettant à leur tour des attaques contre les civils et ouvrant la voie à des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes.

Les autorités de transition mises en place lorsque la Séléka a été chassée du pouvoir par une intervention militaire française et internationale début 2014, peinent à relever ce pays déjà meurtri par des années de troubles et rébellions.

M. Bozizé, ainsi que plusieurs chefs rebelles, est sous le coup de sanctions onusiennes pour le soutien apporté aux milices anti-balaka durant les violences.

Commentaires facebook