Mardi 24 Octobre 2017

Un demandeur d'asile somalien auteur de l'attaque à Edmonton, "attentat terroriste" dit Trudeau

Un demandeur d'asile somalien auteur de l'attaque à Edmonton, "attentat terroriste" dit Trudeau
(AFP 02/10/17)
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a dénoncé dimanche un "attentat terroriste" à Edmonton (ouest) où un Somalien, en attente du statut de réfugié, a agressé à l'arme blanche un policier avant de blesser quatre piétons avec une camionnette-bélier.

Justin Trudeau s'est déclaré "extrêmement préoccupé et indigné par cette tragédie" qu'il a qualifiée d'"attentat terroriste".

"Le terrorisme n'a pas sa place en Alberta (...), la haine et l'extrémisme" non plus, a déclaré de son côté Rachel Notley, chef du gouvernement de cette province de l'ouest canadien.

Un drapeau de l'organisation Etat islamique (EI) retrouvé dans la voiture du suspect, et le mode opératoire --un véhicule utilisé comme arme comme dans d'autres attaques--, ont notamment conduit la police a ouvrir une enquête pour "acte de terrorisme".

L'homme de 30 ans, identifié par les médias locaux comme Abdulahi Hasan Sharif, est un Somalien qui s'était déjà retrouvé dans le radar des services de renseignement.

Le suspect "est un Somalien qui est dans un processus de demande de statut de réfugié", a indiqué Marlin Degrand, commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a ajouté qu'en 2015 l'individu avait été interrogé dans le cadre d'une enquête liée aux mouvements islamistes.

Toutefois, après ces interrogatoires, "il n'y avait pas de preuve suffisante pour le poursuivre avec des accusations de terrorisme", a déclaré le commissaire adjoint.

L'attaque a commencé samedi vers 20h15 locale (02H15 GMT dimanche) aux abords du stade de la capitale de l'Alberta où se déroulait un match de football canadien.

Un homme à bord d'une automobile roulant à vive allure a percuté une barrière métallique puis projeté un policier à cinq mètres de hauteur, selon la police.

Les images d'une caméra de surveillance routière, diffusées par la police d'Edmonton dimanche, témoignent de la violence du choc et de la détermination du conducteur.

Aussitôt après avoir heurté le policier, l'homme sort de son véhicule, en fait le tour et vient porter des coups de couteau au policier à terre, avant de prendre la fuite à pied.

La police qui a dressé différents barrages routiers dans cette ville de 800.000 habitants, contrôle vers minuit une camionnette de déménagement où le conducteur est identifié comme le propriétaire de la voiture impliquée dans l'agression du policier quatre heures plus tôt.

- 'Loup solitaire' -

Une course poursuite est alors engagée, avec plus d'une dizaine de voitures de police. Dans sa fuite, "le suspect a délibérément tenté de heurter des piétons dans les passages réservés ou sur les trottoirs" en blessant quatre personnes à deux endroits différents, a confirmé Rod Knecht, chef de la police d'Edmonton lors d'une conférence de presse télévisée.

Dans sa course folle, le conducteur perd le contrôle de la camionnette qui se renverse.

Les policiers brisent le pare-brise et tirent une grenade assourdissante, selon le chef de la police. Face à la résistance du suspect, les policiers font usage de leur taser pour le neutraliser et lui passer les menottes.

"Nous pensons que c'est un individu qui a agi seul, bien que l'enquête en soit à son tout début", a-t-il indiqué.

Pour le maire d'Edmonton, Don Iverson, l'attaque est celle "d'un loup solitaire".

"Nous ne pouvons pas laisser, et nous ne laisserons pas, l'extrémisme violent prendre racine" parmi les populations, a assuré Justin Trudeau.

Le chef du gouvernement a été critiqué concernant sa politique migratoire avec l'arrivée de plusieurs milliers de réfugiés depuis son arrivée au pouvoir fin 2015.

Le Canada a connu plusieurs attaques ces dernières années: en octobre 2014, un Canadien avait tué un militaire sur un parking au Québec. Deux jours plus tard, un jeune radicalisé avait tué un soldat lors d'une attaque devant le Parlement à Ottawa.

En mars 2016, un Canadien se réclamant de l'islamisme radical avait agressé deux militaires dans un centre de recrutement à Toronto.

Fin janvier, un suprémaciste blanc avait tué six musulmans à la mosquée de Québec.

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