Jeudi 21 Septembre 2017

Somalie: la solidarité, seul refuge face à la sécheresse qui sévit

Somalie: la solidarité, seul refuge face à la sécheresse qui sévit
(RFI 21/08/17)
Des cadavres de chèvres à Dhahar, dans le Puntland, au nord-est de la Somalie, le 15 décembre 2016. © MOHAMED ABDIWAHAB / AFP

En Somalie, la sécheresse fait toujours des ravages. La dernière saison des pluies a été décevante et les Somaliens subissent une nouvelle période sèche. Dans la région du Puntland, 1,2 million de personnes sont touchées par la crise, soit plus d'un quart de la population. 380 000 sont en insécurité alimentaire critique et 135 000 sont déplacées depuis janvier. Cette sécheresse est présentée comme pire que celle de 2011, qui avait fait 260 000 victimes.

Dans le camp d’Orshe, près de Galkacyo sont installées 650 familles. Face à l’adversité, les Somaliens restent solidaires.

Farhan Hassan Warsame est un policier de Galkacyo. Il a mis à disposition des déplacés un terrain qu’il possède près de la ville. Et même s’il n’est pas victime de la crise, il a été choisi comme chef du camp.

« Quelques nomades sont d'abord arrivés. Parmi eux, il y avait ma mère et mes frères. On les a installés, on a collecté de l’eau, de la nourriture et de l’argent. La crise s’est aggravée et l’afflux a continué. Je vis à Galkacyo, mais je passe mes journées au camp, je m'occupe de la sécurité, de l’installation, de l’aide. En Somalie nous dépendons les uns des autres donc on doit s’entraider », explique-t-il.

Père de sept enfants, Farhan Hassan Warsame a mis son métier entre parenthèses, mais il reçoit une compensation de l’Etat. Son frère, Mohamed, a fait partie des premiers arrivants il y a neuf mois.

« Nos animaux sont morts alors nous sommes venus ici pour demander l’aide de mon frère. Son terrain nous a vraiment aidés », témoigne-t-il.

Sous son abri de fortune fait de branches et de toiles, Halimo Jama a perdu ses 40 chèvres. Elle est arrivée il y a deux jours au camp avec ses huit enfants. « On avait un puits à trois heures de marche. Mais le dromadaire qu’on utilisait pour le transport est mort aussi, raconte-t-elle. On a dû partir. On n’aurait pas pu survivre. Ici les gens manquent de tout, mais ils partagent la nourriture et l’eau. On m'a même prêté cet abri en attendant. »

La solidarité est ici une règle d’or. Elle va devoir encore s’appliquer car Haggar, la saison sèche, devrait durer jusqu’en octobre.

Au marché, les prix s'envolent

Et même pour ceux qui ne sont pas déplacés, la vie est très difficile. Avec la raréfaction des biens, les prix ont fortement augmenté ce qui appauvrit un peu plus des familles déjà contraintes de se rationner.

Au marché Inchi, à Garowe, la capitale du Puntland, les affaires sont mauvaises. La dernière saison des pluies et les récoltes ont été décevantes. Abdelhakim gère un petit magasin d’alimentation. Il a perdu beaucoup d’argent. « Les ventes ne sont pas bonnes. La population s’est appauvrie. En plus, quand la demande est moins forte, l’approvisionnement est moins élevé et les prix montent. Les 15 kilos de sucre et de riz ont chacun augmenté de 3 dollars. Il y a quinze ans, on avait connu une flambée, mais ce n’était pas aussi grave », se souvient-il.

Kadija Umbet vend du maïs, des pommes de terre et des bananes. Elle comprend pourquoi les clients ont déserté le marché. « Les gens ne peuvent pas payer de tels prix, souligne-t-elle. Les kilos de tomates et d'oignons ont doublé. Beaucoup de Somaliens reçoivent de l’argent de la diaspora. Mais avec la même somme, ils ne peuvent plus acheter comme avant. Alors souvent je dois faire des remises. Ça les aide un peu, mais ça réduit mon profit. »

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