Jeudi 22 Juin 2017

Plus de 30 réfugiés somaliens tués au large du Yémen

Plus de 30 réfugiés somaliens tués au large du Yémen
(AFP 17/03/17)
Des migrants somaliens tout juste arrivés au Yémen dorment sur une plage, à Hasn Beleid, à 230 km du port d'Aden

Plus de trente réfugiés somaliens, dont des femmes et des enfants, ont été tués en mer Rouge, au large du Yémen où la guerre n'empêche pas un afflux de migrants fuyant la misère et les violences de la Corne de l'Afrique.

L'embarcation visée par une attaque armée est entrée vendredi dans le port de Hodeida aux mains des rebelles chiites Houthis qui se sont empressés d'imputer à l'aviation de la coalition arabe, menée par l'Arabie saoudite, la responsabilité de l'attaque.

Mais le lieu et les circonstances exactes de l'attaque restent inconnues dans une zone qui est déjà le théâtre d'opérations militaires liées à la guerre qui oppose les rebelles chiites aux forces favorables au gouvernement.

Les corps des 33 réfugiés tués ont été transportés dans les hôpitaux de la ville portuaire, où 35 blessés ont été admis, a affirmé un responsable des services de santé, en disant ignorer les circonstances de l'attaque. Le bilan de 33 morts a été confirmé par un responsable portuaire.

Ce responsable a indiqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que l'embarcation de ces réfugiés a pu accoster à Hodeida et que les morts et les blessés avaient été atteint par des tirs d'armes légères, ce qui semble exclure une attaque aérienne.

Selon lui, des dizaines d'autres Somaliens, qui ont survécu à l'attaque, ainsi que trois trafiquants yéménites arrivés à bord de l'embarcation, ont été conduits vers la prison centrale de la ville.

L'agence Saba, contrôlée par les rebelles chiites Houthis, a toutefois affirmé que ces réfugiés avaient été attaqués en mer Rouge par l'aviation de la coalition arabe, sans préciser ni le nombre de victimes ni les circonstances de l'attaque.

- Itinéraire migratoire -

On ignore pour le moment si ces réfugiés tentaient de quitter le Yémen ou d'y trouver refuge.

Le Yémen, en dépit de la guerre et de la crise humanitaire qu'il traverse, continue d'attirer des réfugiés de la Corne de l'Afrique fuyant la misère.

Plusieurs camps de réfugiés somaliens existent dans le sud du pays mais aucun dans la région de Hodeida, située plus au nord.

A Genève, un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a confirmé l'incident, en disant croire que l'embarcation faisait route en direction du Soudan au moment de l'attaque.

"Ce n'était pas un bateau d'évacuation de l'OIM", a déclaré à la presse Joel Millman, dont l'organisation veille généralement à obtenir les autorisations des parties en guerre pour effectuer de telles opérations.

Le bureau à Sanaa du Haut commissariat pour les réfugiés a publié une série de Tweet sur l'attaque, se disant être "profondément affligé par les victimes civiles signalées lors d'un incident au large de Hodeida".

Il note, dans un autre Tweet, que les "réfugiés et les demandeurs d'asile se tournent de plus en plus vers des itinéraires migratoires bien établis dans le nord du Yémen".

Ces itinéraires passent par la côte-ouest du Yémen, dont le secteur central est le théâtre d'une offensive gouvernementale visant à éloigner les rebelles Houthis du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, séparant le Yémen de la Corne de l'Afrique.

Ce secteur situé au sud de Hodeida a d'ailleurs connu de violents combats durant les dernières 24 heures, ayant fait 32 morts, dont dix civils, selon des sources militaires et hospitalières.

Depuis l'intervention en mars 2015 de la coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement face aux rebelles qui se sont emparés de la capitale Sanaa en septembre 2014, le conflit au Yémen a fait près de 7.700 morts et plus de 42.500 blessés, selon l'ONU.

Le pays est actuellement le théâtre de la "pire crise humanitaire au monde" et est confronté à "un grave risque de famine", mettent en garde les Nations unies.

faw/jj/mh/nbz

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