Jeudi 22 Juin 2017

Pétrolier détourné : les pirates somaliens ont libéré navire et équipage (ONG)

Pétrolier détourné : les pirates somaliens ont libéré navire et équipage (ONG)
(AFP 17/03/17)
Des membres des forces de sécurité somaliennes patrouillent au Puntland, dans le nord-est de la Somalie.

Les pirates somaliens qui s'étaient emparé lundi du pétrolier Aris 13, première attaque réussie d'un navire commercial au large de la Somalie depuis 2012, ont libéré jeudi le navire et ses huit membres d'équipage sri-lankais qu'ils retenaient en otage.

Les garde-côtes du Puntland, région semi-autonome de Somalie, ont fait aux pirates "une offre qu'ils ne pouvaient refuser et les pirates sont partis", a déclaré à l'AFP, sans autres détails, John Steed, responsable de l'Afrique de l'Est de, l'ONG Oceans Beyond Piracy (OPB) de lutte contre la piraterie.

Selon cet ancien colonel de l'armée britannique, qui a négocié depuis des années les libérations d'équipages otages des pirates somaliens, les pirates ont abandonné l'équipage et le navire, qui s'est dirigé vers la ville portuaire de Bossasso, capitale économique du Puntland.

Plus tôt jeudi, les garde-côtes du Puntland avaient menacé les pirates de donner l'assaut s'ils refusaient de libérer l'équipage et le navire, alors au mouillage devant la localité de Habo, sur la côte du Puntland, sur la pointe nord-est de la Somalie.

Ils avaient également échangé des tirs avec les occupants armés d'une embarcation qui se dirigeait vers le navire.

"Il y a eu un bref échange de tirs dans la zone côtière, là où le bateau (le Aris 13) est retenu", avait déclaré à l'AFP Abdirahman Mohamud Hassan, directeur général de la force maritime du Puntland.

Une patrouille "a été visée par des tirs d'hommes armés à bord d'une petite embarcation et nous avons répliqué", avait-il poursuivi.

Il avait aussi précisé que des tractations pour libérer le navire étaient en cours et qu'un gouverneur de la région, dont on ignore l'identité, avait été désigné pour conduire ces négociations, tout en adressant une sévère mise en garde aux pirates.

"L'administration du Puntland est très claire sur cette prise d'otages: il faut qu'ils y mettent fin très rapidement", avait-il averti.

Un peu plus tôt, un autre responsable des garde-côtes du Puntland, Mohamed Deeq, avait expliqué à l'AFP que si les négociations échouaient, il n'était pas exclu que "les forces (du Puntland, NDLR) lancent un assaut".

La force navale européenne de lutte contre la piraterie avait indiqué mardi avoir discuté avec le capitaine du tanker, qui leur avait dit que les pirates réclamaient une rançon.

L'Aris 13 transportait du pétrole et du gaz de Djibouti à Mogadiscio lorsqu'il avait été attaqué lundi par des hommes armés à bord de deux skiffs, des embarcations rapides utilisées par les pirates.

Selon John Steed, l'Aris 13 n'a pas respecté les "meilleures pratiques" mises en place par les armateurs pour endiguer l'explosion de la piraterie au large de la Somalie: il naviguait trop près des côtes, à une vitesse trop lente, et sans escorte armée.

Les pirates "sont des pêcheurs exaspérés par la pêche illégale, au large de leurs côtes," de la part des navires étrangers, a pour sa part expliqué à l'AFP Abdiwahab Ahmed, un notable (elder) de la localité d'Alula. Le tanker se trouvait au large d'Alula mardi avant d'être déplacé vers Habo, à quelques km au sud-ouest.

La piraterie somalienne, qui avait repris à une échelle industrielle en 2005, a connu son apogée en 2011 et les attaques avaient très sérieusement perturbé la navigation internationale dans cette zone très fréquentée par les navires commerciaux.

Mais les mesures de lutte anti-piraterie, dont le déploiement de forces navales internationales, avaient fini par porter leurs fruits et seulement une poignée de tentatives - toutes vaines - de s'emparer de navires avaient été enregistrées au large des côtes somaliennes ces dernières années.

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